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31/07/2016 08:47 EDT | Actualisé 01/08/2017 01:12 EDT

Municipales en Afrique du Sud: le président exhorte à voter massivement pour l'ANC

Le président sud-africain Jacob Zuma a exhorté dimanche les électeurs à voter massivement pour son parti, le Congrès national africain (ANC) au pouvoir depuis 1994, lors des élections municipales de mercredi, un scrutin qui s'annonce âprement disputé et pourrait voir l'ANC perdre plusieurs villes clés.

"Des millions de nos partisans doivent aller voter pour l'ANC et permettre à leur mouvement de continuer à améliorer la vie des gens", a lancé M. Zuma lors d'un rassemblement dans un stade bondé du centre de Johannesburg.

"Chaque vote compte", a-t-il martelé, rappelant le combat historique de l'ANC contre l'apartheid et l'héritage de l'ancien président et prix Nobel de la paix Nelson Mandela.

Le parti de Jacob Zuma, qui contrôle la majorité des 278 municipalités du pays, apparaît affaibli par plusieurs scandales de corruption et un mécontentement grandissant de la population.

Le scrutin de mercredi sera un test pour l'ANC, alors que l'économie sud-africaine - la plus industrialisée du continent - se débat avec un taux de chômage record (26,7%) et que M. Zuma est empêtré dans plusieurs scandales de corruption et d'abus de biens sociaux.

Le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), à la tête de la ville du Cap, capitale parlementaire, compte profiter de ce contexte pour s'emparer de plusieurs municipalités stratégiques. Selon un dernier sondage Ipsos, la capitale économique Johannesburg, la capitale politique Pretoria et la ville portuaire de Port Elizabeth (sud-est) sont menacées.

Dimanche, environ 55.000 partisans de l'ANC parés des couleurs du parti - vert, jaune et noir - étaient rassemblés dans le stade.

"Nous avons marché à travers les rues de ce pays, nous nous sommes rendus dans chaque ville (...), dans des milliers de maisons", a déclaré M. Zuma en évoquant une campagne électorale qui selon le parti a coûté 72 millions de dollars (environ 64 millions d'euros).

La situation économique du pays représente également un boulet pour l'ANC, alors que nombre de ses électeurs traditionnels sont issus des classes défavorisées, les plus touchées par le chômage. Le 21 juillet, la banque centrale sud-africaine a revu à la baisse ses prévisions de croissance à 0% pour 2016.

Le second mandat de Jacob Zuma, âgé de 74 ans, expire en 2019. La Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat, mais l'ANC pourrait le remplacer avant les prochaines élections générales si le parti enregistrait une cuisante défaite aux municipales, soulignent plusieurs observateurs.

Mardi, la justice a en outre donné 45 jours à M. Zuma pour rembourser à l'Etat près d'un demi-million de dollars dans le scandale de sa résidence privée de Nkandla.

"Beaucoup d'argent, qui aurait dû être dépensé pour le bien des gens, a été gaspillé dans cette affaire", a déploré dimanche auprès de l'AFP Frieda Motlatla, arborant un foulard aux couleurs de l'ANC, tout en soulignant que cela n'affecterait pas son soutien au parti de Mandela. "Je ne vote pas pour une personne, je vote pour un parti", a assuré la manifestante.

Samedi, l'Alliance démocratique a appelé ses électeurs à "punir" l'ANC, lors d'un rassemblement dans un stade de Soweto, township du sud de Johannesburg.

"Dans une démocratie, vous n'avez pas à rester fidèle à un parti pour toujours; si ce parti vous trahit, vous avez l'occasion de le punir", a lancé le dirigeant de la DA, Mmusi Maimane. "Ce n'est pas parce que vous avez voté pour l'ANC jusqu'ici que vous devez voter pour elle pour toujours."

kvs/lp/dom

IPSOS