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31/07/2016 09:10 EDT | Actualisé 31/07/2016 11:19 EDT

«Free Mike Ward Show»: les humoristes montent sur scène pour la liberté d'expression

«Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire.» La célèbre phrase que l'on prête à Voltaire a maintes fois été citée samedi soir alors qu'une dizaine d'humoristes ont participé au Free Mike Ward Show. Une représentation unique qui avait pour but d'amasser des fonds afin de «supporter les frais juridiques de Mike Ward dans son combat pour la liberté d'expression ainsi que les futurs combattants de cette même liberté à se défendre contre d'autres poursuites qui pourraient accabler le milieu de l'humour». «Et il y en aura, a lancé le principal intéressé à la toute fin du spectacle. Parce que les gens sont stupides et ne comprennent pas ce qu'est une f***ing blague!»

Un spectacle bilingue et rassembleur

Ils sont onze humoristes francophones comme anglophones à être venus donner leur appui à leur ami Mike Ward en participant à ce spectacle-bénéfice improvisé. Devant une salle ― format cabaret ― fort bien remplie, ils ont livré de courts numéros en prenant bien soin de célébrer l'humour noir, celui-là même se trouvant au centre de la saga devenue juridique opposant Mike Ward à Jérémy Gabriel et sa famille.

Gilbert Rozon (Juste pour Rire) et Bruce Hills (Just for Laughs) sont tout d'abord montés sur scène le temps d'un bref discours portant sur la liberté d'expression. «Les humoristes sont tristes et fâchés de tout ce qui arrive à Mike. Nous nous battons pour l'intégrité, parce que nous faisons partie d'une démocratie, a expliqué Gilbert Rozon citant au passage les récents soulèvements entourant la création de la fameuse charte des valeurs québécoises. «Un festival d'humour est un espace de liberté et, même si nous ne sommes pas toujours d'accord avec ce qui est dit et que c'est parfois "too much", on ne va pas s'en passer.»

L'animateur de la soirée, l'humoriste Eddy King, a d'entrée de jeu tenu à souligner l'aspect inclusif et solidaire de la soirée. «Nous sommes réunis ici ce soir, anglophones et francophones, car c'est là le vrai visage de Montréal. On se bat ici pour la liberté d'expression, voilà quelque chose qui n'est pas négligeable», a-t-il lancé avant de livrer un petit numéro sur le racisme. «Cela ne devrait pas être interdit par la loi de dire des conneries», a-t-il ajouté, précisant que des conneries, nous allions en entendre en grande quantité dans la prochaine heure.

Humoristes et amis

Jean-Thomas Jobin est le premier humoriste à être monté sur scène, jouant le jeu de livrer la moitié de son numéro en anglais «afin de donner son appui à son ami Mike Ward». Ont ensuite défilé un Brad Williams «pissed off at Jérémy», un Stéphane Fallu qui a précisé que «même lorsque nos amis disent des niaiseries, on les aime», un Jimmy Carr hilarant et dépassant clairement toutes les «règles et les lois établies en comédie», une Blanche Gardin au discours choquant et surréaliste et un Guillaume Wagner qui en avait long à dire sur le thème de la liberté d'expression (et qui ne s'est pas fait prier pour écorcher au passage les humoristes se disant «contre la blague de Mike Ward» tels Peter MacLeod, François Massicotte ou encore Rachid Badouri qui devait participer au Free Mike Ward Show, mais qui ne s'est pas présenté…) «Les gens sont hypocrites», a-t-il d'ailleurs conclu avant de tirer sa révérence.

Sont aussi montés sur scène Domicic Paquet, Jeff Ross (qui a lancé que «talking shit is healthy» et Ralphie May (affirmant, sous un tonnerre d'applaudissements, que «Mike a été maltraité parce qu'il a osé traiter Jérémy comme il aurait traité n'importe qui»).

Les mots de Mike Ward

La soirée s'est évidemment conclue par l'arrivée de Mike Ward qui n'a livré aucun numéro humoristique, préférant prendre quelques minutes pour remercier les spectateurs de leur présence et leurs encouragements (les billets pour le Free Mike Ward Show étaient vendus au coût de 30$).

«Je veux juste commencer en disant qu'avec tout ce qui arrive, le Québec a l'air pathétique à l'international, a-t-il dit. Tous les gens à qui je parle et qui ne sont pas d'ici me demandent ce qui ne va pas avec mon pays pour que les gens ne comprennent pas lorsqu'un humoriste professionnel fait une blague sur scène.»

«Je l'ai souvent dit, mais je vais le redire, nous irons en appel et puis si nous perdons, nous irons jusqu'en cour suprême.»

«Merci d'être ici et merci à tous les humoristes qui sont venus ce soir, a-t-il ajouté. Vous savez, j'essaie d'être zen, mais c'est tellement dur. Je lis les messages des Diane sur Facebook et j'ai le goût de c***sser mon camp d'ici, mais je vais rester.»

«Tout cela va créer un précédent et nous pourrons ensuite nous défendre. Car tout cela n'est pas à propos de moi, c'est à propos de l'importance de se battre contre ce qui arrive. Et j'ai bien l'intention de faire un spectacle comme celui-ci chaque année, afin d'amasser de l'argent pour le prochain à qui cela va arriver.»

La poursuite de Jérémy Gabriel contre Mike Ward a coûté, à ce jour, 93 000$ à l'humoriste. Condamné à verser 35 000$ à Jérémy Gabriel, l'humoriste affirme avoir tout d'abord refusé l'appui de Juste pour Rire qui avait eu l'idée de Free Mike Ward Show.

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