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31/07/2016 05:10 EDT | Actualisé 01/08/2017 01:12 EDT

La Turquie critique l'interdiction d'un discours d'Erdogan en Allemagne

La présidence turque a vertement critiqué dimanche une décision de la Cour constitutionnelle allemande interdisant à Recep Tayyip Erdogan de s'adresser par vidéoconférence à des milliers de ses partisans qui doivent manifester à Cologne en Allemagne.

"C'est inacceptable", a déclaré le porte-parole de la présidence, Ibrahim Kalin, dans un communiqué.

L'Allemagne compte la plus importante diaspora turque au monde, --1,55 millions de Turcs-- et les tensions sont vives dans cette communauté après à la tentative de putsch militaire en Turquie le 15 juillet et aux purges qui ont suivi.

Les organisateurs veulent faire de ce rassemblement une manifestation de "soutien à la démocratie".

Ils ont tenté jusqu'au bout d'avoir une intervention vidéo en direct de M. Erdogan, mais les autorités allemandes, qui redoutent que les tensions soient exacerbées, s'y sont opposées.

La Cour constitutionnelle, juridiction suprême du pays a confirmé samedi cette interdiction, provoquant l'ire d'Ankara.

"Les efforts matériels et légaux pour empêcher la tenue d'un événement en faveur de la démocratie, de la liberté et de l'Etat de droit et contre la tentative de coup d'Etat du 15 juillet sont une violation de la liberté d'expression et du droit à se réunir librement", a estimé la présidence turque.

"Nous sommes curieux des raisons réelles qui ont poussé les autorités allemandes et la Cour constitutionnelle a interdire le message du président Erdogan et nous espérons que les autorités allemandes nous donneront une explication satisfaisante", a-t-elle poursuivi.

Les autorités turques ont enclenché de vastes purges après la tentative de putsch. Plus de 18.000 personnes ont été placées en garde à vue à un moment ou à un autre au cours des deux dernières semaines, plus de 10.000 d'entre elles ont été inculpées et placées en détention préventive dont des journalistes.

Elles sont accusées d'avoir eu de liens avec le prédicateur Fethullah Gülen, qui vit en exil aux Etats-Unis, et qu'Ankara accuse d'avoir ourdi le coup d'Etat avec ses partisans "infiltrés" dans les institutions. M. Gülen dément vigoureusement.

Plus de 50.000 personnes ont par ailleurs été limogées dont des professeurs, des militaires et des juges.

Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, avait dénoncé jeudi des purges qui "dépassent toute mesure" , estimant qu'"on ne pouvait se taire" face à l'ampleur des arrestations.

L'agence officielle turque Anadolu a rapporté dimanche qu'Ankara avait intensifié ses efforts diplomatiques auprès des autorités allemandes pour qu'elles limitent les activités des membres du mouvement guleniste en Allemagne.

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