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30/07/2016 08:14 EDT | Actualisé 31/07/2016 12:17 EDT

Osheaga 2016 jour 1: Red Hot Chili Peppers, Vince Staples, Marian Hill, White Lung et Wolf Parade (PHOTOS)

Encore une fois, il fallait dompter la bête. Parce qu’elle est énorme, parce qu’elle est gourmande, parce qu’elle est étrange, parce qu’elle est imprévisible. Pour ce 11e festival Osheaga tenu au parc Jean-Drapeau, on s’est finalement rendu compte que la bête avait été plutôt sage en ce premier jour.

Red Hot Chili Peppers

L’étoile des vieux routiers américains a pâli depuis déjà quelques années. Tellement qu’on a été nombreux à se demander à Montréal si ce groupe avait encore le shine nécessaire pour assurer le spectacle de fin de soirée, vendredi. Eh bien, Red Hot Chili Peppers, ce n’était ni mauvais ni convaincant. Ça s’écoute toujours bien, malgré le temps, surtout les succès des années 1990 qui ont marqué la carrière de ce groupe de funk rock. Il faut dire que c’est comme un vieux band que l’on est heureux de retrouver, tout en jasant de la vie avec ses amis autour de soi. Rien de plus, rien de moins.

Certes, Red Hot Chili Peppers a bien commencé avec Can’t Stop. Du moins, on a senti l’appréciation du public quand il fut le temps de traverser la foule au complet au retour du concert du rappeur Vince Staples. Tellement serrés ces milliers de corps devant la scène de la Rivière qu’il était difficile d’avancer… Mais ça, c’est une autre histoire.

Une fois rendu à destination, on a pu constater que le quatuor (accompagné d’un claviériste invité) n’est pas fini. Il a livré quelques bons jams sur certains morceaux. De plus, le chanteur Anthony Kiedis, toujours fidèle à ses vêtements flamboyants, a encore un peu d’essence dans le réservoir. Pour le reste, pas grand-chose à signaler.

Dani California, Scar Tissue, Snow (Hey Oh), Under the Bridge, Californication, Give it Away ainsi que la nouvelle Dark Necessities furent certaines des pièces interprétées par le groupe. Il y a même eu, pas très loin dans le spectacle, un clin d’œil à Leonard Cohen : Josh Klinghoffer a envoyé seul à la guitare la chanson Chelsea Hotel («I Need You, I Don’t Need You»)… Charmant.

Cela dit, malgré tous les coups de hanches éparses et les hooks efficaces, on a déjà entendu et vu mieux à Osheaga.

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Vince Staples

Juste avant les Peppers, le jeune rappeur californien Vince Staples a envoyé d’excellents morceaux sur la scène de la Vallée, à l’autre bout du site. Rien de bien compliqué comme présentation (lui à la voix et un DJ/beatmaker), certes, mais cet artiste a vraiment de la bonne graine d’entertainer. En plus, il a vraiment de bons beats – assez minimalistes – et de bons textes. On comprend pourquoi les critiques sont si bonnes par rapport à son travail. En gros, du bon stock West Coast.

Lors des 40 minutes passées devant la scène, on a pu entendre quelques pièces tirées de son premier long jeu intitulé Summertime ’06, sorti l’été passé. Mentionnons Lemme Know, Lift Me Up, Jump Off the Roof et Birds & Bees.

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The Underachievers

Une heure avant Staples, autre proposition hip-hop avec The Underachievers, composé des jeunes rappeurs américains AK et Issa Gold. Beaux visuels, très bons beats qui mélangent électro et rap, mais présentation générale un peu étrange. D’abord, Isaa Gold est apparu 15 minutes après le début du spectacle (c’est de plus en plus la norme chez les rappeurs, mais quand tu as 45 minutes au total, tsé). Ensuite, AK a envoyé des pièces sur lesquelles il chantait parfois des paroles, qui étaient de toute façon déjà livrées par une voix enregistrée avec les musiques et envoyées de ses machines…

Sinon, une proposition intéressante. À revoir dans de meilleures conditions…

Marian Hill

À 19h15, sur la petite scène des Arbres, belle surprise avec Marian Hill. Ce duo américain originaire de Philadelphie est composé du musicien Jeremy Lloyd (l’homme à tout faire au clavier) et de la chanteuse Samantha Gongol (pantalons moulants noirs et petit top blanc). Ceux-ci collaborant régulièrement avec le musicien de jazz Steve Davit, qui était justement sur les planches avec eux. Il était au saxophone. Leurs différents talents mis ensemble donnent quelque chose de sensuel-jazzy-groovy somme toute assez réussi. Leur travail fait çà et là penser (en moins original) à celui de la danseuse et chanteuse britannique FKA twigs, qui avait épaté la galerie à Osheaga l’an dernier. On a entendu une douzaine de morceaux dont One Time, Mistaken, Lips, Whisky et Talk to Me.

White Lung

17h40, même scène, ce groupe formé à Vancouver (qui vit à Los Angeles) a proposé une quarantaine de minutes de son punk rock grinçant et arrogant. Le quatuor manquait peut-être de justesse – surtout Mish Way au chant -, mais il quand même réussi à brasser la cage des quelques centaines de festivaliers réunis sous les arbres.

On a entendu des morceaux issus des albums produits depuis leur création en 2006, dont Face Down et Just For You. Le quatuor, qui était formé de trois filles et un gars (guitare), a aussi proposé quelques chansons (citons I Beg You) du récent album intitulé Paradise, paru au printemps. Bien que cet album soit de bonne qualité, on a cependant eu des doutes quant à son rendu sur scène… L’approche plus pop de ce groupe qui excelle dans le punk (parfois à la limite du metal) est certainement à peaufiner en spectacle. Même chose pour la présence (physique) de la chanteuse, qui n’est pas si convaincante… Sa voix ensorcelante, voire décalée, apporte toutefois une signature unique à White Lung.

Wolf Parade

Wolf Parade célébrait un retour. En effet, la formation sortait d’un hiatus qui a duré plus ou moins six ans. Il était temps, car le groupe montréalais avait plu à grand nombre de mélomanes dans la première décennie de l’an 2000. Heureuses retrouvailles? Absolument. Dans l’ensemble, Wolf Parade a livré une bonne prestation persillée de quelques nouveaux morceaux tirés de son EP 4. Mentionnons C’est La Vie Way. Évidemment, ce sont surtout les chansons des albums précédents, comme Apologies to the Queen Mary (2005), qui ont attiré l’attention des spectateurs.

Le site et les expériences

Sur le site rempli de monde (45 000 personnes c’est du monde!), quelques trucs ont changé. On l’a constaté aisément en empruntant l’escalier métallique qui permet ensuite serpenter le long du sentier qui mène à la vallée, dans le fond. Là, une énorme scène (de la Vallée) a été érigée, faisant face, quelques centaines de mètres plus loin, à la scène Verte. En raison des aménagements dans la programmation des festivals HeavyMtl et ÎleSoniq, qui se chevaucheront cette année au début du mois d’août, cette grosse structure a pris la place de celle qui était là l’an passé.

Au milieu de cette vaste étendue d’herbe et de copeaux de bois (ils absorbent les liquides au sol) entourée d’arbres, une plateforme d’où l’eau émerge du sol. Ça fait penser à la place des Festivals au centre-ville, en beaucoup plus modeste. Non loin de la scène Verte, un manège dans lequel des gens se feront tourner le cerveau, en altitude, assis dans des chaises. À la zone VIP, aussi, l’aménagement a changé : pour le mieux. C’est plus joli avec cette vieille Westfalia qui décore le paysage. Sans oublier la mini-roulotte à l’entrée. Bref, ici et là, on sent que l’organisation a mis un peu d’amour nouveau dans le décor.

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Osheaga 2016, du 29 au 31 juillet 2016. Pour toutes les informations, c'est ici.