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Les cartes géographiques à l'ère de la géolocalisation

Que ce soit pour éviter de se perdre en voiture ou pour avoir un aperçu d'une région éloignée, les images satellites ont remplacé les cartes en papier ou en carton. Mais est-ce la fin pour cet objet mythique, utilisé depuis des millénaires?

Un texte de Nicolas Pelletier

John Horrigan collectionne des cartes depuis une vingtaine d'années et en possède environ 2000. Il en fait maintenant une activité professionnelle, mais à ses débuts, il n'était guidé que par sa passion, comme la plupart de ses clients.

« Certains collectionnent les cartes militaires, d'autres les cartes d'une certaine région. Il y en même qui recherchent un cartographe en particulier », explique-t-il.

John Horrigan affirme avoir déjà dépensé plusieurs milliers de dollars pour une carte confectionnée par Gérard Mercator, cartographe du 16e siècle et inventeur d'une projection du monde qui porte son nom.

Des cartes prennent de la valeur pour des raisons circonstancielles, comme une carte allemande de Paris durant la Seconde Guerre mondiale. Étonnament, d'autres sont prisées car elle contiennent des erreurs.

C'est le cas d'une carte d'Edmonton datant de 1924, conçue par le cartographe C. Gordon Mundy. Son auteur, qui habitait pourtant la capitale albertaine, consultait les registres publics pour dessiner ses plans. Il a tenu pour acquis qu'un quartier résidentiel serait bâti là où s'est plutôt retrouvé le parc Mayfair, connu aujourd'hui sous le nom de parc Hawrelak.

Droits historiques et généalogie

Si elles peuvent parfois contenir des erreurs, les cartes contiennent surtout beaucoup d'informations sur le passé. Aux archives provinciales de l'Alberta, ce n'est pas leur valeur monétaire qui intéresse les archivistes, mais plutôt leur valeur historique.

L'archiviste Claude Roberto explique que ce sont des cartes comme celles dessinées par la congrégation religieuse des frères oblats qui font encore aujourd'hui acte des Traités signés entre les autochtones albertains et le gouvernement du Canada.

« Puis il y a aussi les cartes généalogiques, poursuit Claude Roberto, et c'est très intéressant pour les Albertains de nos jours, qui ont eu des terres en Alberta, parce qu'on peut arriver à retrouver les premières cartes de leurs terrains. »

Par exemple, « Whitemud », aujourd'hui le nom d'une circonscription électorale provinciale et d'un segment d'autoroute à Edmonton, se nommait à l'origine « Boue blanche ».

Conservation

Que ce soit pour les collectionner, en faire la vente ou les archiver, John Horrigan et Claude Roberto reconnaissent l'importance de conserver les cartes avec soin.

Le premier conseil de John Horrigan : ne tentez pas de réparer vos cartes vous-mêmes. « Si vous tenez à rapiécer une carte déchirée ou encore la solidifier, dit-il, allez chercher les conseils d'un professionnel, car vous risquez d'endommager la carte si vous utilisez du ruban adhésif ou que vous la pliez au mauvais endroit. »

Il ajoute que les cartes peuvent être entreposées dans des cartables, des enveloppes en plastique ou des rouleaux, mais que les collectionneurs devraient éviter de les ranger directement sur le sol à cause des risques liés à l'humidité ou aux inondations.

Du côté des archives provinciales de l'Alberta, la plupart des cartes se trouvent dans une des 23 voûtes où la température, la lumière et l'humidité sont contrôlées. On y range même les documents dans des boîtes et dans des enveloppes pour contrôler leur acidité.

Selon Claude Roberto, les archives comptent environ 50 000 cartes et elle et son équipe en reçoivent de nouvelles chaque jour.

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