Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

La Belgique a perdu 1,5 milliard de dollars à cause des attentats

La vague d'attentats qui secoue l'Europe n'est pas sans conséquence financière. En Belgique, une première étude du ministère de l'Économie estime que le pays a perdu un milliard et demi de dollars en chiffre d'affaires et recettes fiscales. Sans surprise, c'est l'industrie du tourisme qui est la plus durement touchée.

Un texte de Thomas Gerbet

La Vieille lanterne est l'un des hôtels les mieux placés de Bruxelles, et pourtant il est au bord de la faillite. À deux pas de la statue du Manneken-Pis, il a perdu 60 % de son chiffre d'affaires.

« Dès qu'il y a quelque chose qui se passe en Europe, on voit que les gens annulent leurs réservations », raconte la gérante de l'établissement Mireille Ruytinx, au bord des larmes.

Bruxelles a perdu le quart de ses touristes. La baisse de fréquentation a commencé dès les attentats de Paris, en novembre. Elle s'est amplifiée après ceux de Bruxelles, en mars. Quatre mois plus tard, les touristes revenaient timidement, mais l'attentat de Nice a tout fait retomber.

« Comme c'est une entreprise familiale, je ne me paie plus, je ne paie plus ma soeur, je ne paie plus le loyer à ma mère. On a dû mettre du personnel en chômage technique. On pourra peut-être tenir un an comme ça, mais si ça ne reprend pas un petit peu, ça va être très difficile », explique Mme Ruytinx, qui a déjà réduit le prix des chambres de 130 à 70 $ la nuit.

Pour soutenir les hôteliers, le gouvernement belge les exonère de taxes de séjour, mais ça ne change pas grand-chose pour la gérante. « Comme il y a personne, on n'a de toute façon rien à payer ».

La fédération Horeca Bruxelles, qui représente l'hôtellerie, la restauration et les cafés, réclame aussi une exonération des charges sociales, alors que le chômage temporaire est en forte hausse depuis le 22 mars.

« Plusieurs restaurants et cafés de Bruxelles ont déjà mis la clé sous la porte », explique Yvan Roque, président de la fédération Horeca Bruxelles.

« Les États-Unis ont déconseillé à leurs ressortissants de venir en Belgique. Les Japonais ont même dit de ne pas venir », déplore le représentant de l'industrie. Une délégation belge s'est d'ailleurs rendue au Japon récemment, pour tenter de rassurer.

De son côté, la France subit également des conséquences des attentats dans l'industrie touristique. En mai, à Paris, le taux d'occupation des hôtels était de 70 %, en baisse de 10 % sur un an. « On dit souvent que quand la France éternue, la Belgique s'enrhume », analyse Yvan Roque.

Qu'en pensent les touristes?

Les visiteurs étrangers présents à Bruxelles semblent pourtant rassurés par la forte présence policière et militaire dans les rues. « Depuis les attentats, on était un peu inquiets, mais on voit que c'est tranquille, qu'il y a beaucoup de sécurité », dit Rachelle, une Espagnole.

« Plusieurs personnes au Danemark nous ont déconseillé de venir en Belgique », raconte Kurt. « Mais, on ne pense pas que ce soit un problème. Les militaires belges sont présents et c'est très bien ».

« Nous n'avions pas peur de venir, affirme Charlotte, une Française accompagnée de sa fille Esther. « Un attentat, ça peut arriver n'importe où et n'importe quand, alors on ne va pas s'arrêter de vivre pour ça ».

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.