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Créer un patrimoine glaciaire mondial

Des chercheurs se mobilisent pour constituer un patrimoine mondial glaciaire avant que le réchauffement climatique le fasse disparaître.

La première mission de ce projet sera lancée le 15 août prochain dans le massif du mont Blanc, dans les Alpes françaises. Les scientifiques prélèveront de la glace au col du Dôme afin d'en stocker des échantillons. Une deuxième mission se déroulera en 2017 dans les Andes en Bolivie, sur le glacier Illimani.

L'objectif est de constituer la première bibliothèque mondiale d'archives glaciaires issues de glaciers menacés par le réchauffement climatique comme des glaciers du col du Dôme et de l'Illimani, où la température s'est élevée de 1,5 à 2 degrés Celsius en dix ans.

« Dans les prochaines décennies ou même les prochains siècles, ce patrimoine englacé aura une valeur inestimable : pour des trouvailles scientifiques totalement inédites ou pour comprendre les évolutions locales de l'environnement », note Jean Jouzel, climatologue et ex-vice-président du GIEC et Prix Nobel de la paix en 2007.

Trois carottes de glace, de 130 mètres chacune, seront extraites, puis descendues par hélicoptère au Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement, à Grenoble. L'une d'entre elles sera analysée en 2019 pour constituer une base de données disponible à toute la communauté scientifique.

Les deux autres carottes seront acheminées par bateau jusqu'à l'Antarctique, en 2020, pour être stockées à la base Concordia, gérée par l'Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV) et son partenaire italien, le Programme national de Recherche Antarctique (PNRA).

Des dizaines de carottes de glace devraient ainsi être stockées dans une cave, creusée sous la neige, à une température de -54 degrés Celsius.

« Nous sommes la seule communauté de scientifiques travaillant sur les climats à voir disparaître une partie de ses archives. Il était devenu urgent de constituer ce patrimoine pour le futur, à l'instar du patrimoine mondial de semences conservé au Spitzberg », explique Jérôme Chappellaz, l'initiateur français du projet.

D'autres pays, comme le Canada, l'Allemagne, les États-Unis et la Russie, sont candidats pour s'inscrire dans ce projet et sauvegarder la mémoire des glaciers auxquels ils ont accès.

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