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26/07/2016 07:22 EDT | Actualisé 26/07/2016 07:22 EDT

Bangladesh: la police tue neuf islamistes et déjoue une attaque d'envergure

ASSOCIATED PRESS
Policemen return from a raid on a building in Dhaka, Bangladesh, Tuesday, July 26, 2016. Police in Bangladesh's capital raided a five-story building Tuesday and killed nine suspected Islamic militants the country's police chief said. (AP Photo)

La police du Bangladesh a tué mardi à Dacca neuf islamistes présumés qui, selon elle, préparaient une nouvelle attaque jihadiste d'envergure.

Ces neuf hommes appartenaient à un groupe extrémiste bangladais interdit, accusé par les autorités d'avoir perpétré l'attaque contre un restaurant de Dacca début juillet dans laquelle 20 otages, essentiellement des étrangers, ont été massacrés.

"Nous avons appris grâce aux sources des services de renseignements qu'ils préparaient une attaque majeure. Nous avons conduit cette opération pour déjouer l'attaque", a dit le chef de la police nationale, A.K.M. Shahidul Hoque, aux journalistes.

"Ils portaient les mêmes vêtements que les auteurs de l'attaque de Gulshan", a-t-il ajouté, en référence au quartier huppé où s'est déroulé le massacre du 1er juillet. Un dixième extrémiste, blessé, a été arrêté lors de l'assaut.

La cellule démantelée appartenait au groupe jihadiste Jamayetul Mujahideen Bangladesh (JMB), déjà accusé par les autorités de l'attaque du restaurant de Dacca, selon la police.

Ils se revendiquent de l'EI

Un responsable policier a cependant assuré que l'islamiste arrêté ce mardi avait déclaré que les dix hommes avaient revendiqué leur appartenance à l'organisation Etat islamique (EI).

"Son nom est Hasan. Il a dit qu'ils étaient membres de l'EI", a dit le responsable policier à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

Ce survivant est un cuisinier de 25 ans venant du district de Bogra (nord) d'où étaient également originaires deux des cinq auteurs de l'attaque du 1er juillet, a-t-il ajouté.

L'EI avait revendiqué le massacre perpétré au Holey Artisan Bakery et publié des images du carnage avant l'assaut donné par la police. Les autorités rejettent la présence de tout groupe jihadiste international dans le pays.

Le chef de la police nationale a ainsi affirmé que les neuf tués n'avaient aucun lien avec l'EI en dépit des vêtements qu'ils portaient, robes noires et turbans islamiques emblématiques du groupe.

"Nous n'avons trouvé aucun lien avec l'EI. Ce sont tous des militants bangladais", a-t-il affirmé.

- Cartes d'étudiants -

La Première ministre Sheikh Hasina a remercié la police pour "cette opération très réussie", saluant la rapidité de sa réaction qui a "sauvé la nation d'une terrible situation"

"Nous ne voulons pas que le Bangladesh devienne un sanctuaire pour des activités terroristes", a ajouté la dirigeante.

La police a expliqué qu'elle avait cerné un immeuble de cinq étages à Dacca après que les suspects ont lancé une petite bombe artisanale. Des centaines de policiers fortement armés et d'officiers du bataillon d'action rapide, une unité d'élite, ont été déployés.

Les policiers ont échangé par intermittence des tirs avec les extrémistes qui criaient "Allah est grand" à intervalles réguliers.

Des cartes d'étudiants ont été retrouvées sur les lieux de la fusillade et les enquêteurs cherchent à en vérifier l'authenticité.

Trois proviennent de la North South University (NSU), dont sept étudiants ont été récemment condamnés et emprisonnés pour le meurtre d'un blogueur athéiste. Deux auteurs de la prise d'otages du café de Gulshan sont également d'anciens étudiants de la NSU.

"Nous vérifions l'authenticité de ces cartes et si elles ont été simplement utilisées pour la location de l'appartement", a dit à l'AFP un haut responsable de la police de Dacca, Masud Ahmed.

Le Bangladesh est secoué ces derniers temps par des attaques meurtrières commises par des extrémistes. Quelque 80 personnes, membres de minorités religieuses, étrangers, intellectuels et défenseurs de la laïcité ont été tués à coups de machettes depuis 2013.

L'EI et une branche d'Al Qaida ont revendiqué la plupart de ces attaques.

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