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25/07/2016 08:36 EDT | Actualisé 26/07/2017 01:12 EDT

Sommet réduit de la Ligue arabe à Nouakchott sur fond de divisions

Un sommet réduit de la Ligue arabe s'est ouvert lundi à Nouakchott, en Mauritanie, sans les poids lourds saoudien et égyptien et sur fond de divisions face aux crises persistantes dans la zone.

Seuls six chefs d'Etat ont fait le déplacement pour se retrouver autour de leur homologue mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, et le sommet annuel a été ramené à un seul jour, au lieu de deux initialement prévus. Ouvert peu avant 12H00 locales (et GMT), il devait donc se résumer à une après-midi de débats.

Les émirs du Qatar, du Koweït, les présidents du Yémen, du Soudan, des Comores et de Djibouti étaient présents, ainsi que le Tchadien Idriss Deby Itno, invité en tant que président en exercice de l'Union africaine (UA) et du groupe dit G5 Sahel.

Initialement annoncés, le roi Salmane d'Arabie saoudite est absent pour "raisons de santé" et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, président sortant de la Ligue arabe, n'est pas venu pour cause d'"agenda intérieur chargé", a confié à l'AFP une source au sein de l'organisation panarabe qui compte normalement 22 pays membres, mais aujourd'hui 21 avec la suspension de la Syrie.

Des pays comme le Liban et la Libye, qui n'ont pas de président, sont représentés par leur Premier ministre. Ce qui aboutit à une participation "moyenne" dans les annales des sommets arabes, d'après des spécialistes.

Le Premier ministre désigné du gouvernement libyen d'union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj, a rappelé que son pays, en proie au chaos, combattait le groupe Etat islamique (EI), qui s'y est implanté fin 2014 en profitant du chaos politique et sécuritaire né de la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

"Il s'agit d'un corps étranger qui vient s'incruster dans le corps de notre pays et nous devons le combattre", a dit M. al-Sarraj, exhortant la communauté internationale à coopérer avec son gouvernement pour "stopper le déferlement des armes en Libye", rejetant par la même occasion "toute intervention extérieure".

- "Réorienter le discours religieux " -

Auparavant, dans l'allocution inaugurale de la rencontre, le Premier ministre égyptien Chérif Ismaïl avait appelé à une "stratégie arabe de lutte contre le terrorisme".

"Nous devons réorienter le discours religieux que des éléments terroristes exploitent à leurs fins pour semer la terreur, la mort et la destruction", avait déclaré M. Ismaïl.

Abondant dans le même sens, le président mauritanien a dénoncé "la violence aveugle des terroristes" et "les intervention extérieures qui alimentent l'instabilité dans le monde arabe".

Mohamed Ould Abdel Aziz avait aussi jugé que "l'instabilité dans la région continuera tant que la question palestinienne ne sera pas réglée", dénonçant les "exactions" d'Israël en Palestine et la poursuite de "sa politique de colonisation".

Il avait également appelé à des solutions politiques pour les conflits en Syrie, en Libye et au Yémen, pour permettre au monde arabe "d'envisager le développement durable" dans la stabilité.

Idriss Deby Itno avait de son côté salué le principe, figurant au programme du sommet, de la création d'une "force arabe commune, comme c'est le cas pour l'UA" et prôné des investissements arabes en Afrique.

La création de cette force, destinée à combattre les groupes terroristes, avait été annoncée à l'issue du dernier sommet de la Ligue en mars 2015 à Charm el-Cheikh, en Egypte, mais sur laquelle les pays ont échoué depuis à se mettre d'accord.

Face à ces divisions, le Maroc avait renoncé en février dernier à accueillir le sommet 2016, n'estimant pas réunies les conditions d'un succès et redoutant "une fausse impression d'unité et de solidarité (...) dans un monde arabe qui traverse une période difficile".

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