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25/07/2016 06:57 EDT | Actualisé 26/07/2017 01:12 EDT

Michelle Obama, atout maître pour "Barack" et les autres

En 2008, puis en 2012, elle a vanté, avec un talent indéniable, les vertus de son mari pour la Maison Blanche. Cette année, Michelle Obama défend la candidature d'Hillary Clinton, "femme phénoménale".

Armée d'une cote de popularité inoxydable (solidement accrochée au-dessus de la barre des 60%), la Première dame des Etats-Unis, qui s'exprimera lundi soir à Philadelphie lors de la convention du parti, est un atout de taille pour les démocrates.

Un style, une allure, un regard, une forte personnalité, des touches d'humour savamment dosées: la "First Lady", qui fait le régal des talk shows, sait capter une audience.

En 2008 à Denver (Colorado), elle assure -- lors de son premier "grand oral" face aux délégués démocrates -- que son mari sera un président "extraordinaire", anecdotes sur le parcours de "Barack" à l'appui.

Ironie de l'histoire, ce discours a refait surface la semaine dernière grâce...à Donald Trump. L'épouse du milliardaire, Melania, a en effet utilisé dans son allocution plusieurs passages -- sur le travail et le respect de la parole donnée... -- du texte de 2008.

En 2012, à Charlotte (Caroline du Sud), elle assure qu'après quatre années au pouvoir, Barack Obama est "le même homme": "J'ai vu qu'être président ne vous change pas, cela révèle qui vous êtes".

Très sollicitée par les candidats au Congrès pour galvaniser les foules et par le parti pour lever des fonds, elle a choisi, au cours des huit dernières années, ses apparitions avec soin.

Cette fois-ci, l'équation est différente.

Pour contribuer à faire élire la première femme à la présidence des Etats-Unis, elle doit se faire l'avocate de l'ancienne rivale de Barack Obama lors de primaires de 2008, une candidate au parcours et à l'ambition en tous points dissemblables aux siens.

Au-delà d'une aversion réelle pour tout ce que représente Donald Trump (le ton, le style, le rapport au monde), l'intérêt politique pour le couple Obama est évident.

"Michelle Obama est consciente qu'il s'agit d'un moment politique crucial et de l'importance que cette élection aura sur la façon dont sera jugé le bilan de son mari", souligne Peter Slevin, professeur à Northwestern University, auteur d'une biographie de la Première dame.

Réforme du système de santé, engagements sur le climat, accord sur le nucléaire iranien ou encore main tendue à Cuba: Barack Obama sait que si le magnat de l'immobilier l'emporte le 8 novembre, il détricotera tout ou partie de ses avancées emblématiques.

- Pas d'ambition politique -

Lundi, Michelle Obama mettra son charisme au service d'une candidate qui en manque cruellement mais nourrira aussi la stratégie démocrate: offrir un visage optimiste d'une Amérique en mouvement pour contrecarrer la vision de plus en plus sombre et anxiogène mise en avant par le milliardaire républicain.

Son aisance dans l'arène politique alimente depuis près de huit ans les rumeurs et interrogations sur ses ambitions électorales.

Mais la fille de petits employés qui sortit diplômée de Princeton et de Harvard, deux des plus prestigieuses universités américaines, a une différence fondamentale avec l'ancienne secrétaire d'Etat: elle n'a pas d'ambition dans cet univers-là.

"Si elle a démontré qu'elle était douée pour faire passer des messages politiques, je pense qu'elle ne supporterait pas l'idée d'être candidate, de lever des fonds et se plier à toutes les contraintes d'une vie politique", estime Peter Slevin.

"Hillary Clinton est une femme impressionnante", déclarait-elle en avril devant des enfants curieux de savoir si elle suivrait la même voie que l'épouse du précédent président démocrate.

Cependant, ajoutait aussitôt la First Lady, qui aura 53 ans lorsqu'elle quittera la Maison Blanche en janvier 2017, "je ne ferai pas ce qu'elle a fait, je ne me lancerai pas dans la course". "Il y a d'autres choses que je veux faire", ajoutait-elle, sans épiloguer.

N'est-il pas pas possible de la convaincre de changer d'avis et de se lancer, à l'avenir, dans la bataille ? Interrogé, pour la énième fois en début d'année, sur les intentions de sa femme, Barack Obama avait tenté de clore le débat, une fois pour toutes.

Il y a trois certitudes dans la vie, avait énoncé, amusé, le 44e président des Etats-Unis: les impôts, qui ne vous oublient jamais, la mort, qui nous rattrapera tous, et "le fait que Michelle ne sera pas candidate à la présidence"

jca/vog