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25/07/2016 11:25 EDT | Actualisé 26/07/2017 01:12 EDT

La Turquie lance des mandats d'arrêt contre 42 journalistes

ANKARA, Turquie — La Turquie a lancé des mandats d'arrêt contre 42 journalistes soupçonnés de liens avec les organisateurs présumés d'une tentative de coup militaire, alimentant les craintes qu'une répression cible les médias pour tout reportage critique du gouvernement.

Tandis que le gouvernement turc affirme qu'il enquête sur les journalistes pour de possibles comportements criminels plutôt que pour leurs reportages, des détracteurs préviennent que l'état d'urgence décrété après la tentative de coup d'État du 15 juillet menace la liberté d'expression.

Le président de l'Association des journalistes progressistes, Ahmet Abakay, a affirmé que le groupe médiatique établi à Ankara s'inquiétait de voir une «chasse aux sorcières» qui pourrait inclure des journalistes reconnus comme étant critiques à l'égard du gouvernement. Il a affirmé que la situation était «très dangereuse pour tous les journalistes» et que les mises en garde du gouvernement aux journalistes pourraient entraîner de l'autocensure.

La directrice adjointe d'Amnistie internationale pour l'Europe, Gauri van Gulik, a fait valoir qu'en s'en prenant aux journalistes, le gouvernement ne faisait pas la distinction «entre gestes criminels et critiques légitimes».

Plus de 13 000 personnes dans l'armée, le système de justice et d'autres institutions ont été mises en détention depuis le soulèvement ayant résulté dans la mort d'environ 290 personnes.

Le transporteur national Turkish Airlines vient aussi d'annoncer qu'il mettait fin aux contrats de 221 employés. Parmi les gens licenciés figurent sept personnes dans des postes administratifs et 15 pilotes, selon l'agence de nouvelles turque Dogan.

Également lundi, les forces de sécurité ont interpellé sept soldats en fuite accusés d'avoir pris d'assaut un hôtel à Marmaris, peu après que le président Recep Tayyip Erdogan en fut sorti le soir du 15 juillet, portant le nombre de détenus relativement à l'attaque à 25, selon l'agence de nouvelles du gouvernement Anadolu. M. Erdogan a déjà affirmé qu'il aurait été tué ou enlevé s'il était demeuré dans cet hôtel 10 ou 15 minutes de plus.