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25/07/2016 05:36 EDT | Actualisé 26/07/2017 01:12 EDT

La convention démocrate de Philadelphie s'ouvre dans la controverse

Les démocrates se retrouvent dans un énorme pétrin avant même le début de leur convention à Philadelphie en raison d'une autre affaire de courriels. La fuite orchestrée par Wikileaks, vendredi, a forcé la démission de la présidente du parti, Debby Wasserman Schultz, une femme qui dirige les démocrates depuis huit ans.

  Un texte de Christian Latreille

Les courriels rendus publics sont explosifs. Ils révèlent un parti pris de la direction des démocrates envers Hillary Clinton, alors qu'en principe le parti doit demeurer neutre. Dans un message intercepté, le directeur des communications Luis Miranda va jusqu'à suggérer de questionner la foi de Bernie Sanders - de confession juive - pour faire dérailler sa campagne.

Un autre courriel dévoile qu'un avocat du parti démocrate propose de contredire Sanders, qui a accusé un comité du parti d'amasser de l'argent pour Hillary. En tout, près de 20 000 courriels provenant du parti démocrate ont été rendus public - de la dynamite, à la veille d'une convention où l'objectif est de présenter l'image d'une formation politique unie.

Et cette affaire prend des allures de film d'espionnage, surtout lorsqu'on apprend que les deux groupes de pirates informatiques derrière cette attaque auraient des liens avec le gouvernement russe. Cosy Bear et Fancy Bear seraient les noms deux groupes qui ont réussi à s'emparer des courriels de la haute direction du parti. Ils auraient aussi déjà frappé les systèmes informatiques de la Maison-Blanche, du département d'État et du Pentagone.

Cette fuite vient en quelque sorte confirmer les doutes des partisans de Bernie Sanders au sujet de l'impartialité du parti depuis le début des primaires. Ses supporters sont furieux. Ils pourraient d'ailleurs manifester leur mécontentement à la convention à Philadelphie. Reste à savoir si la présidente, qui va démissionner à la fin de cette semaine, va prendre la parole au Well's Fargo center, lundi. Jusqu'à maintenant, tout indique que oui.

Or, les démocrates s'exposent à beaucoup de problèmes s'ils permettent à leur présidente démissionnaire de parler à la convention. Les délégués de Sanders ne se priveront certainement pour huer Debby Wasserman Schultz. Les organisateurs vont probablement tout faire pour éviter une telle humiliation, qui viendrait rappeler que les républicains ne sont pas les seuls à être divisés.

La campagne des primaires a aussi laissé des traces chez les démocrates. Bernie Sanders a poussé le parti vers la gauche, et sa lenteur à se rallier à Hillary Clinton en a frustré plusieurs. Dimanche, dans un communiqué, le sénateur du Vermont ne s'est pas gêné pour affirmer que la direction du parti démocrate devrait toujours être impartiale, ce qui n'a pas été le cas, selon lui, lors de ces primaires.

Cette convention commence donc sur les chapeaux de roue pour les démocrates. Déjà, les républicains se moquent d'eux allègrement en mentionnant que Bernie Sanders s'est fait avoir par le parti d'Hillary « la malhonnête », comme il l'a surnomme.

Les histoires de courriels continuent donc de hanter Mme Clinton. Mais pire, le parti démocrate pourrait, avec Debby Wasserman Schultz, vivre leur « moment Ted Cruz », qui a été copieusement hué la semaine dernière à la convention républicaine.