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25/07/2016 06:40 EDT | Actualisé 26/07/2017 01:12 EDT

Gabon: coup d'éclat d'un député du pouvoir devant le président Bongo

Le parti au pouvoir au Gabon s'est de nouveau fissuré avec la démission spectaculaire d'un député lors d'une réunion publique en présence du président Ali Bongo Ondimba, qui a dénoncé une "action commanditée" avant l'élection du 27 août.

"J'ai décidé (...) en toute âme et conscience, devant dieu et les hommes, de démissionner du Parti démocratique gabonais (PDG)", a déclaré Bertrand Zibi Abeghe devant Ali Bongo.

Cette déclaration a été faite samedi lors d'une "tournée républicaine" du président à Minvoul (nord), mais n'a fait surface que dimanche soir par la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo des événements.

"Nous attendons toujours l'électricité", a ajouté le député sous les vivats et les huées de quelque 200 personnes présentes, réclamant "autre chose" que la culture du caoutchouc sur "les terres les plus fertiles du Gabon".

"Cette action a été commanditée. Ce que j'ai entendu ne me surprend pas", a répondu le président Ali Bongo, confronté à des adversaires qui sont souvent d'anciens cadres du pouvoir, comme l'ancien président de l'Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama, démissionnaire fin mars.

Le chef de l'Etat a ironisé sur une démission "devant les caméras", "à quelques mois des élections législatives, quand le mandat se termine".

Elu président en 2009 après la mort de son père Omar Bongo au pouvoir pendant 41 ans, Ali Bongo Ondimba est officiellement candidat à un second mandat de sept ans parmi 14 candidats.

Ses principaux adversaires demandent l'invalidation de sa candidature. Ils affirment que M. Bongo est un enfant du Nigeria adopté par Omar Bongo, et qu'il ne peut de ce fait être président selon la Constitution.

Les forces de l'ordre gabonaises avaient violemment dispersé samedi à Libreville un rassemblement pacifique d'opposants contestant sa candidature.

st/gl