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24/07/2016 22:25 EDT | Actualisé 25/07/2017 01:12 EDT

Canberra envisage des peines de prison indéfinies pour "terrorisme"

L'Australie envisage de prolonger la détention des personnes condamnées pour "terrorisme" après avoir purgé leur peine, et considérées comme à haut risque, dans le cadre d'un durcissement des mesures de sécurité après les attentats récents aux Etats-Unis et en Europe.

Le Premier ministre, Malcolm Turnbull, a déclaré lundi que l'augmentation de la fréquence et de la violences des attentants dans le monde, notamment celles d'Orlando (Etats-Unis) et de Nice (France), avaient inspiré ces nouvelles mesures.

"A aucun moment nous ne pouvons nous permettre d'être complaisants", a-t-il déclaré.

Pour faire face à une menace en constante évolution, le gouvernement, qui a déjà durci les lois sur la sécurité en 2014, souhaite désormais faire adopter une loi pour pouvoir prolonger la détention de "terroristes" à haut risque, à l'issue de leur peine.

"Cette loi autorisera des périodes supplémentaires d'emprisonnement des condamnés pour (terrorisme) qui ont purgé leur peine, mais qui présentent encore un risque considéré comme inacceptable pour la communauté", a précisé dans un communiqué le chef du gouvernement.

Le projet de loi, qui devra être soumis aux assemblées des Etats et territoires, s'inspire de législations similaires à celles déjà en vigueur dans certains Etats pour les délinquants sexuels et pour les personnes extrêmement violentes.

Le ministre de la Justice, George Brandis, a précisé que la prolongation de la détention serait assortie d'un suivi judiciaire, avec des évaluations régulières.

Le gouvernement va aussi proposer de réduire de 16 à 14 ans l'âge minimum à partir duquel un ordre judiciaire restreignant les mouvements d'une personne peut être décidé pour prévenir un risque "terroriste", et d'introduire un nouveau délit, l'apologie du génocide.

Le Premier ministre australien a assuré que ces nouvelles dispositions étaient nécessaires mais proportionnées. "Elles maintiennent l'équilibre entre la nécessité de protéger la population et le respect de la vie privée et des droits de l'individu", a-t-il déclaré, ajoutant que la défaite de l'organisation Etat islamique (EI) sur le terrain était une nécessité absolue.

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