NOUVELLES
25/07/2016 06:03 EDT | Actualisé 26/07/2017 01:12 EDT

42 journalistes turcs dans la mire du président Erdogan

Après l'armée et les institutions scolaires, la purge entamée par le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, à la suite du putsch raté, vise maintenant les médias. Quelques jours après avoir retiré leur licence à plusieurs chaînes de radio et de télévision, Ankara a délivré des mandats d'arrestation contre 42 journalistes du pays.

Parmi les personnes interpellées se trouve Nazli Ilicak, une journaliste connue en Turquie pour avoir publiquement dénoncé des ministres impliqués dans un scandale de corruption, en 2013. Cette sortie avait poussé son employeur de l'époque, le quotidien progouvernemental Sabah, à la renvoyer. La journaliste se trouverait pour l'instant à l'extérieur du pays, selon la presse locale.

En entrevue avec un média français samedi, le président Recep Tayyip Erdogan avait déclaré que si « les médias soutiennent le coup d'État, qu'il s'agisse de médias audiovisuels ou autres, ils en paieront le prix ».

Sur les 42 journalistes interpellés, 5 sont présentement interrogés par les autorités et 11 autres ont déjà quitté le pays.

Le 19 juillet dernier, le régulateur turc des médias audiovisuels avait pris des mesures légales contre 24 chaînes de télévision et radios et 34 journalistes soupçonnés d'entretenir des liens avec Fethullah Gülen, un prédicateur exilé aux États-Unis et accusé d'être l'instigateur du putsch.

Les chaînes se sont vu retirer leurs permis d'exploitation alors que les journalistes ont été forcés de remettre leurs cartes de presse.

L'administration Erdogan a souvent été accusée par le passé de chercher à limiter la liberté de presse en Turquie. En 2015, l'arrestation de deux journalistes accusés d'espionnage et de terrorisme avait conduit à plusieurs manifestations à l'échelle du pays et avait suscité de l'inquiétude au sein de la communauté internationale.