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Sécurité renforcée en Belgique à la veille de la fête nationale

Une fête nationale, des foules de dizaines de milliers de personnes et un feu d'artifice; tout ça une semaine jour pour jour après l'attentat de Nice. Il n'en fallait pas plus pour augmenter les mesures de sécurité en Belgique, un pays toujours en état d'alerte après avoir été déjà frappé par le groupe armé État islamique.

Un texte de Thomas Gerbet

« Si vous pouvez laisser vos sacs à main et vos sacs à dos à la maison, cela nous facilitera la tâche »; le message du chef de police de Bruxelles à la population témoigne du casse-tête sécuritaire qui se prépare en Belgique, à l'occasion de la fête nationale du 21 juillet.

Toutes les festivités sont maintenues, malgré l'attentat de Nice le jour de la fête nationale française du 14 juillet. En revanche, les mesures de sécurité sont actualisées et renforcées, notamment pour empêcher des attaques réalisées à l'aide de véhicules.

Des blocs de béton sont installés aux alentours de plusieurs lieux de rassemblement et des camions bloqueront aussi des rues, mercredi. Des kilomètres de barrières métalliques sont aussi mis en place, certaines recouvertes de bâches noires.

Le stationnement est déjà interdit dans un large périmètre. Des policiers et des militaires - toujours lourdement armés - patrouilleront en plus grand nombre. Certains seront en civil, cachés parmi la foule; d'autres sur les toits du centre-ville.

Des barrages et des fouilles seront réalisés. Des cadets de la police participeront aussi à la sécurisation du secteur.

Prendre en compte tous les modes opératoires des terroristes

Même s'il répète que « le risque zéro » n'existe pas, le premier ministre belge Charles Michel a rappelé que les autorités se sont préparées afin de « prendre en compte tous les modus operandi » des terroristes, incluant celui d'un camion qui fonce sur la foule.

Les lieux de rassemblement ne seront cependant pas tous ceinturés de blocs de béton, puisqu'il faut au moins permettre le passage de véhicules de secours.

Qu'en pense la population ?

Si plusieurs Belges applaudissent ce renforcement de sécurité, d'autres le jugent inutile. « C'est absurde. On ne peut pas éviter des choses imprévisibles », croit Marie, une étudiante. « C'est juste de la communication du gouvernement, qui veut montrer qu'il est présent. »

« Les kamikazes, ils s'en foutent de la sécurité », pense Hassan, employé d'un magasin du centre-ville de Bruxelles. « Des fous, il y en a partout et on ne peut pas les retenir, qu'il y ait des blocs de béton ou pas », ajoute Philippe, son collègue.

Ces trois personnes rencontrées mardi dans la capitale belge affirment qu'elles participeront aux festivités. Mais ce ne sera pas le cas de Youssef, un chauffeur de taxi. « Avec mon épouse, on voulait aller à la foire récemment et on n'est pas parti. Partout où il y a la foule, on évite », admet-il.

Le bourgmestre (maire) de Bruxelles encourage la population à venir fêter en grand nombre. « Nous ne sommes pas là pour terminer le travail des terroristes », lance Yvan Mayeur. « Ils veulent un changement de nos états démocratiques, de nos régimes. Ils sont contre la fête, contre la musique, contre l'égalité homme-femme, etc. Il n'est pas question d'aller dans cette voie-là ».

Des militaires dans les rues de Bruxelles depuis des mois

Avant même l'attentat de Nice, la vigilance était déjà très forte en Belgique, où le niveau d'alerte attentat est à 3 sur une échelle de 4. La menace est considérée comme « élevée et sérieuse », mais aucune information n'indique qu'elle est « imminente » (le niveau maximal).

Depuis les attentats de Paris en novembre, et ceux de Bruxelles en mars, les Belges se sont habitués aux patrouilles de militaires dans les rues. Les forces de l'ordre sont d'ailleurs épuisées par cette présence permanente sur le terrain. « Nous allons craquer », a même déclaré le bourgmestre de Bruxelles à la suite de l'attentat de Nice.

Le défilé militaire de la fête nationale sera l'occasion pour la population se rendre hommage aux différents services de secours (pompiers, policiers, militaires, ambulanciers) qui sont intervenus lors des attentats du 22 mars à Bruxelles (32 morts, 340 blessés).

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