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Phénix : le système de paye en cinq temps

Depuis sa mise en oeuvre, le nouveau système de paye Phénix crée des maux de tête et de nombreux désagréments aux milliers d'employés de la fonction publique fédérale. Des centaines de fonctionnaires disent ne pas avoir été payés pendant plusieurs mois. D'autres soutiennent que leur paye a été amputée de plusieurs centaines de dollars.

Un texte d'Angie Bonenfant

Phénix accumule les ratés, alors qu'à l'origine, il a été choisi pour mettre fin aux problèmes d'inefficacité de l'ancien système de paye. Comment en est-on arrivé là? Retour sur cinq moments marquants.

Avec la collaboration de Marie-Ève Potvin

1970

Un système vieillissant

Dans les années 1970, le gouvernement fédéral implante le système régional de paye (SRP), qui combinait technologie et documents papier. Rapidement, le SRP atteint ses limites et manifeste des signes apparents d'inefficacité. Le vieux système commet de nombreuses erreurs sur les payes des fonctionnaires. La situation est à ce point préoccupante que le SRP fait l'objet d'une critique de la part des hauts responsables de Travaux publics, en 2008, et de la vérificatrice générale du Canada Sheila Fraser, en 2010.

Août 2010

Un système moderne

Le vieux système de paye avait des fonctions limitées, n'était plus fiable et menaçait en tout de temps de tomber en panne. En 2010, le gouvernement conservateur de Stephen Harper décide de le remplacer par un système plus moderne. Le gouvernement profite du même coup pour annoncer la consolidation de tous les centres de paye de l'appareil fédéral, à Miramichi, au Nouveau-Brunswick. Le projet fédéral promet la création de 550 nouveaux emplois et, grâce à une technologie automatisée, des économies annuelles de 70 millions de dollars.

Février 2016

Une mise en oeuvre ratée

Il aura fallu, toutefois, attendre six ans avant l'implantation du système Phénix, qui a nécessité l'intégration de 80 000 règles de paye et de nombreux tests comprenant 16 000 scénarios de rémunération différente. En dépit de tous ces efforts, la mise en oeuvre de 300 millions de dollars rencontre de nombreuses difficultés. La paye de certains employés est envoyée avec du retard ou n'est pas toujours complète. Le centre de paye à Miramichi est rapidement montré du doigt.

Avril 2016

Un mécontentement général

En avril, des employés fédéraux - des étudiants, des travailleurs saisonniers, des employés d'un retour d'un congé de maternité - se plaignent de ne pas avoir été payés depuis plusieurs semaines. Des centaines de plaintes sont déposées auprès de Services publics et Approvisionnement Canada. En juin, le mécontentement atteint un sommet et est directement attribué au système Phénix. Les syndicats se tournent vers la cour fédérale pour forcer le gouvernement à payer ses employés. Un centre de paye satellite voit le jour à Gatineau pour prêter main-forte au bureau de Miramichi.

Juillet 2016

Un mea culpa fédéral

Le gouvernement fait son mea culpa par l'entremise de Marie Lemay, la sous-ministre de Services publics et Approvisionnement Canada. Le fédéral reconnaît l'ampleur de la situation et sa difficulté à régler rapidement le problème. Il dit avoir sous-estimé le temps nécessaire pour que les employés de Miramichi se familiarisent avec le système. De plus, ces derniers ont également eu à composer avec un arriéré de près 40 000 cas au moment de l'entrée en fonction de Phénix. De nouvelles mesures sont mises sur pied dans l'espoir de remédier à la situation. On promet de payer certains employés d'ici la fin du mois de juillet.

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