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20/07/2016 02:41 EDT | Actualisé 20/07/2016 02:46 EDT

MEG 2016: le changement dans la continuité... avant une grosse annonce (ENTREVUE)

Charles Prot

Le Montreal Electronic Groove Festival, communément appelé le MEG, entamera ses 18e festivités à compter du 21 juillet. Durant dix jours, la musique électronique ondulera de nouveau dans plusieurs salles montréalaises. Contre vents et marées, la direction a tenté au fil des ans d’offrir une programmation de qualité qui renferme quelques petits diamants de la scène canadienne et internationale. Au dire de son directeur général et cofondateur, Mustapha Terki, une grosse annonce faite prochainement pourrait changer la donne pour les années suivantes. Rencontre.

«18 années en temps électronique, ça fait cinquante ans de rock’n’roll !» C’est comme ça que Terki a commencé notre entretien au bar Le Laïka (situé sur le boulevard Saint-Laurent), qui est partenaire du festival pour des apéros DJ, tous les soirs de l’événement, à 18h.

«Ça passe vite. En 1999, il n’y avait pas de festival de musique électronique. Mon postulat, c’était de donner un espace à cette culture musicale. Aujourd’hui, on tente de rester pertinent. Le paysage a beaucoup changé. Le MEG, c’est le changement dans la continuité. Ça peut paraître facile comme phrase, mais c’est notre mandat depuis le début. Il faut continuer à miser sur la découverte.»

La crête

Selon le grand manitou du festival, cette approche est d’autant plus importante que d’autres événements sont nés depuis la création du MEG, comme Osheaga, Igloofest et Piknic Electronik. «On doit continuer de fouiller et trouver des artistes qui sont sur une lancée. C’est notre signature. De toute façon, on ne peut pas se permettre de payer les gros cachets que certains chargent quand ils sont arrivés au sommet. Ils faut les attraper juste au moment où ils ne sont pas encore de grosses vedettes. Le MEG, c’est ça: il faut essayer d’être sur la crête de la vague. Quand les artistes sont passés de l’autre côté, du côté des grands, quand c’est vraiment parti, c’est trop tard pour nous.»

À cet égard, Terki se plait à souligner qu’il a entre autres programmé M83 (en 2002), Justice (en 2005) et Brodinski (en 2007) dans son festival. «Justice a joué devant une cinquantaine de personnes à l’époque. Maintenant, les gars font des concerts devant 20 000 spectateurs. On a cette particularité de découverte. Mais bon, tout est relatif. Mansfield TYA, à Paris, fait des salles de 3000 places. Ici, à Montréal, elle jouera à la Sala Rossa (capacité maximale de 250 personnes). Les gens ne connaissent pas encore au Canada, ou très peu.»

Au dire de l’assistante à la programmation, Charlyne Beaudou, Mansfield TYA est un duo éclectique qui renferme notamment une membre du groupe Sexy Sushi: «Les textes sont écrits en anglais et en français; la musique de Mansfield TYA a des influences baroques, funk et techno. En fait, il y a de plus en plus de place pour l’électro et c’est ce qui nous intéressait dans ce projet, que je suis depuis un bon moment. En Europe, Mansfield TYA fait de gros festivals (elle cite le festival Vieilles Charrues) et de grosses salles.»

Selon les deux architectes de la programmation du MEG, Superpoze, à l’instar de Mansfield TYA, serait à voir absolument. «C’est la grande classe ce mec, de souligner Mustapha Terki. Son visuel est vraiment magnifique et sa musique est géniale. C’est top. Il est sur le point de devenir très gros. On est chanceux de l’avoir cette année, parce que sa carrière va certainement exploser très bientôt…»

Mansfield TYA, Superpoze, Salut C'est Cool, Mr Deraspe, Mimetic, Frame, La Fine Équipe, Robert Robert, Wake Island, Nomadic Massive, voilà quelques noms d’artistes qui seront présentés au Belmont, au Divan Orange ou encore à la Société des arts technologiques (SAT). Parmi les noms de la programmation, de nombreux Canadiens (nommons l’excellent duo Co/ntry, DJ Noyl, le groupe Nomadic Massive, Fonkynson, la formation Syzzors, le duo producteur montréalais électro-jazz montréalais Topiuym et bien d’autres) certaines figures internationales et quelques stars en devenir, comme le Français Superpoze.

En fait, ça resterait ça le mandat du MEG: proposer des talents qui sont à découvrir, dont certains ont une carrière qui risque fort d’exploser dans les années à venir. N’oublions pas que le MEG, au fil des ans, a accueilli sur ses scènes des artistes tels que Tiga, James Murphy, Le Tigre, M.I.A., Richie Hawtin, Chromeo, Gesaffelstein, Santogold et bien d’autres grosses pointures.

Année charnière avant une annonce majeure

Certes, il n’y a pas que des bonheurs à s’occuper de la programmation du MEG. Qui dit festival dit combat perpétuel en ce qui concerne le financement. À ce sujet, le MEG a eu sa part de difficultés au cours des années. D’ailleurs, l’organisation à dû se résoudre à faire quelques changements à la suite de restrictions budgétaires. Mentionnons que les responsables du festival ont été obligés de retirer Club cheval de leur programme tout comme le fameux MEG Boat, qui restera amarré au quai du Vieux-Port cette fois-ci. En remplacement de Club Cheval, c'est le phénomène montant Fonkynson qui assurera un set teinté de disco house, le 22 juillet à la SAT, alors que la soirée initialement prévue sur le bateau se tiendra au Belmont.

«Je ne peux pas en dire beaucoup, mais à la fin du mois de juillet, on fera une grosse annonce durant le MEG et Osheaga, indique Mustapha Terki au milieu de la discussion. Ça touchera le MEG pour les prochaines années. Un événement majeur va arriver. C’est le résultat de tout ce qu’on a fait depuis les débuts.»

Sans vouloir en ajouter sur le contenu de cette annonce importante, Terki a garanti que le MEG ne serait pas acheté par evenko, avec qui l’organisation du festival de musique électronique collabore depuis 2006, notamment au sujet des rencontres professionnelles (plus de 500 personnes du milieu de la musique). Soulignons aussi le pré-party Officiel d'Osheaga, présenté par le MEG, en compagnie de la productrice vocaliste RYAN Playground (CA), le beatmaker WYLN (CA) ainsi que Tibe (CA).

«C’est un défi de trouver des gens qui ne peuvent pour l’instant livrer un spectacle à Osheaga mais qui, éventuellement, pourront y être invités, dit la Française d’adoption montréalaise Charlyne Beaudou. On met un spotlight sur des artistes qui ont le potentiel de tourner ici ou encore à l’étranger.»

Mini MEG

Cette année, le MEG ajoute à son programme un volet destiné aux enfants en compagnie du DJ producteur Omni et du VJ Homing. Les jeunes de cinq ans et plus pourront explorer le mixage grâce à leurs deux professeurs d’un jour et au matériel qui sera mis à leur disposition. Cet événement se déroulera de 15h à 17h le 23 juillet, au Divan Orange. C’est un spectacle gratuit, avec contribution volontaire.

«L’idée est de proposer une performance à connotation très ludique, explique Terki. On offrira des cahiers à colorier et autres trucs que les enfants aiment bien. Tranquillement, on va les amener à danser.»

Envie de vous mettre dans l'ambiance? Vous êtes à un clic de la playlist du MEG!

Montreal Electronic Groove Festival (MEG), du 21 au 31 juillet 2016. Pour plus d'informations, c'est ici.

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