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20/07/2016 10:01 EDT | Actualisé 20/07/2016 10:02 EDT

Une application mobile pour éviter les radars sur la route

RADIO-CANADA/MAXIME CORNEAU

Une semaine après la mise en fonction de nouveaux radars photo dans la province, des entrepreneurs de Québec lancent une contre-offensive technologique. Ils ont développé l'application mobile Camarad qui permet aux automobilistes de partager en temps réel la localisation des radars et des policiers sur la route.

Un reportage de Maxime Corneau

« C'est une application communautaire. Tous les gens peuvent identifier des radars », explique Nagib El Mansouri, l'un des cinq créateurs.

L'application utilise la géolocalisation pour positionner l'automobiliste sur la route. Lorsque celui-ci désire identifier un radar photo mobile ou un policier qui fait de la surveillance, il peut le faire du bout des doigts.

Les autres utilisateurs de Camarad recevront une alerte sonore lorsqu'ils entreront dans la zone surveillée. Ils peuvent choisir d'entendre l'alerte de 3 kilomètres à 500 mètres avant la zone.

Nagib El Mansouri et Allan Scott de l'équipe de Camarad PHOTO : RADIO-CANADA/MAXIME CORNEAU

M. El Mansouri explique que le but de l'application n'est pas de nuire au travail des policiers ou du ministère des Transports, bien au contraire. Il parle de « complémentarité ».

« Le but du ministère des Transports, c'est de faire ralentir les gens. Si tu roules et qu'il y a un radar photo et que tu ne le vois pas, tu n'as aucune sensibilisation avant que le ticket n'arrive. Nous avec l'application, la sensibilisation est directe », lance-t-il.

La police prône la prudence

Le capitaine Claude Lefebvre, responsable du module de la sécurité routière au Service de police de la Ville de Québec, estime que la nouvelle application peut représenter un atout sur la route pour les policiers. « L'objectif, c'est que les gens ralentissent », dit-il. Selon lui, si l'application améliore le bilan routier, elle ne fera pas entrave à ses équipes.

Or, le policier croit que si les conducteurs peuvent sauver des contraventions de vitesse, ils pourraient en obtenir pour l'utilisation d'un cellulaire au volant. « La loi est claire : on ne doit pas tenir en main un appareil muni d'une fonction téléphonique. »

Le capitaine Lefebvre invite les automobilistes à munir leur véhicule d'un support à téléphone cellulaire. Il rappelle que la contravention pour l'utilisation d'un téléphone au volant est de 80 $ en plus des frais, et que quatre points d'inaptitudes sont ajoutés au dossier du fautif.

« Lutter contre les textos au volant »

Nagib El Mansouri affirme que les instructions de l'application sont claires et invitent les conducteurs au respect des lois.

Le développeur explique que l'application ne peut pas être utilisée en même temps qu'une autre application du téléphone. Impossible donc de texter au volant. L'appareil peut toutefois utiliser sa fonction téléphonique et de lecteur de musique.

« Un des gros problèmes aujourd'hui, c'est que les gens textent au volant, font du Facebook ou Pokémon qui vient de sortir. Pendant que ton téléphone est là [sur le tableau de bord], il t'avertit non seulement des radars, mais il t'empêche de texter. On vient d'atteindre un deuxième objectif », dit-il.

D'autres applications similaires sont disponibles sur le marché, dont Waze qui permet de localiser des policiers, des restaurants et des commerces sur la route.

Camarad se distingue selon ses développeurs parce qu'on peut y localiser des radars ou des policiers une fois arrivé à destination. L'utilisateur n'a donc pas besoin de manipuler son téléphone en conduisant s'il n'a pas de copilote.

À la base, tous les radars fixes et les caméras de surveillance de feu rouge du Canada sont intégrés dans l'application gratuite. Les créateurs espèrent que le bassin d'utilisateurs sera assez grand pour couvrir rapidement toute l'Amérique du Nord.