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19/07/2016 11:34 EDT | Actualisé 19/07/2016 12:09 EDT

Hollande prêt à prolonger jusqu'à six mois l'état d'urgence

ASSOCIATED PRESS
French President Francois Hollande pauses as he delivers a speech as he inaugurates the new organic food pavilion at the Rungis wholesale food market in Rungis, France, south of Paris, Monday, May 9, 2016. (Christophe Petit Tesson, Pool Photo via AP)

Cinq jours après l'attentat de Nice, la France s'apprête à prolonger une nouvelle fois l'état d'urgence, dans un climat politique marqué par la prochaine présidentielle et envenimé par les accusations de laxisme de l'opposition en matière d'antiterrorisme.

Le projet de loi que le gouvernement demande au Parlement d'adopter prévoit une prolongation de trois mois mais un consensus pourrait se dessiner sur six mois, jusqu'à fin janvier 2017. Ce régime qui facilite les perquisitions et les assignations à résidence est en vigueur depuis les attaques jihadistes du 13 novembre à Paris.

"Les terroristes veulent nous diviser, nous séparer, nous monter les uns contre les autres", déclaré mardi le président socialiste François Hollande lors d'une visite au Portugal. "Il y a un devoir qui m'anime: que nous soyons unis, rassemblés, capables de réagir comme il convient avec la force nécessaire", a-t-il ajouté.

Le débat mardi soir devant les députés et mercredi devant les sénateurs pourrait s'avérer tendu, tant l'opposition de droite ne cesse depuis le carnage du 14 juillet à Nice de critiquer l'exécutif socialiste.

Elle a réclamé lundi soir une commission d'enquête parlementaire sur la tragédie niçoise, qui a fait 84 morts et quelque 300 blessés.

Le parti Les Républicains de l'ancien président Nicolas Sarkozy est favorable à la prolongation de l'état d'urgence mais il pose ses conditions: au moins six mois de plus et un durcissement des mesures coercitives prévues dans ce cadre.

"Dès lors qu'il y a eu une attaque dont nous ne savons pas si elle peut donner lieu à des répliques (...) ma responsabilité et celle du Parlement c'est de prolonger l'état d'urgence, pour trois mois, même si je suis ouvert pour aller jusqu'à trois mois de plus", a déclaré François Hollande.

Seront également réintégrées dans l'état d'urgence la possibilité de perquisitions administratives à toute heure du jour ou de la nuit sans l'aval d'un juge, ainsi que celle d'exploiter les données des ordinateurs et téléphones saisis.

L'affrontement pourrait se focaliser sur les exigences de la droite d'un arsenal encore plus répressif, avec notamment des centres de rétention à titre préventif pour les personnes suspectées de radicalisation islamiste.

"On ne peut pas enfermer des gens sur une suspicion, ou sur la suspicion d'une suspicion", a écarté M. Le Guen, dénonçant une proposition allant "au-delà de la ligne rouge" qui est "la fin de l'état de droit".

Présidentielle en ligne de mire

L'attentat de Nice est la troisième tuerie de masse en France depuis janvier 2015. A neuf mois de la présidentielle, il a envenimé le climat politique, l'opposition de droite et l'extrême droite accusant le pouvoir socialiste de laxisme.

Le Premier ministre Manuel Valls a été hué lundi lors d'une cérémonie à la mémoire des victimes sur les lieux du carnage, la célèbre Promenade des Anglais qui longe la Méditerranée.

La tension est exacerbée par l'approche de primaires à droite en novembre et propices à une surenchère entre les principaux rivaux, l'ancien Premier ministre Alain Juppé, favori du scrutin, et l'ex-président Nicolas Sarkozy.

En fauchant avec son camion la foule venue célébrer la fête nationale, son auteur tunisien, âgé de 31 ans, a tué 84 personnes et en a blessé plus de 300 autres, dont 19 étaient toujours entre la vie et la mort lundi soir.

Toutes les victimes décédées ont été formellement identifiées. Parmi elles figurent une "trentaine" de musulmans, majoritairement des Franco-Tunisiens, selon un responsable de la communauté musulmane de la région niçoise.

Les enquêteurs ont confirmé "le caractère prémédité" de l'attentat, "pensé et préparé" par Mohamed Lahouaiej Boulhel qui avait effectué des "repérages" deux jours avant le massacre et pris, quelques heures avant, quatre selfies sur la Promenade des Anglais.

Malgré la revendication du groupe Etat islamique (EI), "aucun élément de l'enquête ne démontre à ce stade une allégeance de Mohamed Lahouaiej Bouhlel à l'organisation terroriste", a déclaré lundi le procureur de Paris, François Molins. Mais le magistrat a révélé que "l'exploitation de son ordinateur illustre un intérêt certain et récent pour la mouvance jihadiste radicale".

Six personnes étaient toujours en garde à vue mardi, soupçonnées d'avoir été en contact avec le tueur ou de l'avoir aidé à se procurer un pistolet 7.65 mm utilisé contre des policiers lors de sa course meurtrière.

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