POLITIQUE
19/07/2016 08:02 EDT | Actualisé 19/07/2016 08:03 EDT

Richard Bain n'aurait retrouvé la mémoire que lors du deuxième interrogatoire (VIDÉO)

MONTRÉAL - Moins de deux jours après la fusillade lors de la soirée électorale en 2012, Richard Henry Bain a agi rapidement pour protéger ses droits et a fulminé lorsqu'un enquêteur l'a questionné sur son absence de remords.

Bain a soutenu mardi n'avoir aucun souvenir des moments ayant précédé l'attaque au Métropolis, mais une vidéo d'interrogatoire enregistrée deux jours après le drame et montrée à son procès pour meurtre prémédité laisse croire qu'il était sur la défensive.

L'enquêteur Daniel Prieur affirme à Bain qu'il est dérangé par le fait que celui-ci ne démontre aucun remords.

Bain, qui avait été hospitalisé brièvement après son arrestation, explique qu'il ne se sentait pas bien durant le premier interrogatoire le jour précédent.

"Je peux vous le dire franchement, quand j'ai des regrets, je prie mon Dieu, affirme-t-il. Regardez votre caméra vidéo. J'ai prié mon Dieu trois fois ce matin."

Bain a affirmé mardi que ses souvenirs avant le deuxième interrogatoire de la police remontaient au moment où il roulait autour du Métropolis en début de soirée le 4 septembre 2012.

Les jurés au procès pour meurtre ont visionné les enregistrements vidéo des interrogatoires menés par la police après son arrestation.

Bain, accusé de meurtre prémédité et de tentatives de meurtre, notamment, témoigne à son procès depuis lundi. Son avocat, Alan Guttman, plaide que son client ne peut être tenu criminellement responsable des gestes qui lui sont imputés, à cause d'un trouble mental.

Bain soutient qu'il ne se rappelle pas ce qui s'est passé le soir du 4 septembre 2012, lorsqu'un homme armé a fait feu à l'arrière du Métropolis, une salle de spectacles de Montréal où la chef péquiste Pauline Marois célébrait sa victoire électorale. Le technicien de scène Denis Blanchette a été tué par balle et un collègue de travail a été grièvement blessé lors de cet attentat.

Bain allègue ne pas avoir de souvenirs du premier interrogatoire, où il semble désorienté et se plaint de maux de tête. Sur la vidéo, on le voit, tête penchée, murmurer des propos incohérents ou ignorer les questions de l'enquêteur, jusqu'à l'arrivée des techniciens-ambulanciers appelés pour l'examiner.

Questionné par un détective à savoir ce que signifient pour lui des accusations de meurtre et de tentative de meurtre, Bain marmonne qu'il n'en sait rien.

Il a expliqué aux jurés, mardi matin, que c'est lors du deuxième interrogatoire _ le 6 septembre 2012, deux jours après le soir des élections _ qu'il a réalisé la gravité de la situation.

Il semblait alors plus alerte, répondant directement aux questions et récitant le Notre Père, ajoutant: "Je n'ai jamais autant eu besoin de vous qu'en ce moment."

Bain dévore un sandwich-matin et on peut l'entendre, plus tard, chanter My God is Awesome et fredonner You Are My Sunshine.

Plus tôt, mardi, Bain s'est rappelé avoir eu une "vision" de sa mère, morte en 1997. L'hallucination aurait suivi sa consommation de comprimés à l'extérieur du Métropolis aux environs de 19h.

"J'ai vu ma mère devant moi et elle a dit: 'Richard, que nous font-ils?'", a relaté l'accusé.

Il a dit en cour avoir vu sa mère à quelques autres reprises, mais n'a jamais abordé la question avec les psychiatres consultés après son arrestation.

L'accusé admet qu'il a roulé autour du Métropolis en début de soirée le 4 septembre 2012, mais il ne se rappelle pas ce qui s'est passé ensuite. Il soutient qu'il avait pris auparavant plusieurs comprimés qui auraient été des antidépresseurs.

Me Guttman a indiqué lundi qu'il appellerait à la barre des membres de la famille de Bain et qu'il présenterait des preuves médicales sur l'état de santé de son client.

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