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19/07/2016 06:19 EDT

Plagiat? Comparez le discours de la femme de Donald Trump avec celui de... Michelle Obama! (VIDÉO/PHOTOS)

Deux passages du discours prononcé lundi soir par Melania Trump lors de l'ouverture de la convention républicaine ressemblent de très près à des extraits du discours prononcé par Michelle Obama lors de la convention démocrate de 2008.

Ces passages portent sur les leçons que la femme de Donald Trump dit avoir apprises de ses parents, et sur la pertinence de ces leçons maintenant qu'elle est elle-même une mère.

Le responsable de la campagne de M. Trump, Paul Manafort, a nié mardi matin sur les ondes du réseau CNN que Mme Trump ait plagié Mme Obama. Il a plutôt affirmé qu'elle a utilisé des mots courants.

M. Manafort a ensuite ajouté que Mme Trump savait pertinemment que son discours serait scruté à la loupe et qu'il est "absurde" de penser qu'elle ait pu plagier Mme Obama.

Les deux passages en question se trouvent au début de l'allocution d'environ dix minutes de Mme Trump.

Le reste de son discours est différent de celui prononcé par Mme Obama au moment où l'ancien sénateur Barack Obama décrochait la nomination démocrate.

Mme Trump a dit: "Dès mon jeune âge, mes parents m'ont appris qu'il faut travailler fort pour obtenir ce que l'on veut dans la vie, que votre parole est sacrée, que l'on doit faire ce que l'on a promis de faire et qu'il faut tenir nos promesses, qu'il faut traiter les gens avec respect. Leur vie quotidienne a été un témoignage de ces valeurs."

Lors de son discours à Denver en 2008, Mme Obama avait déclaré: "Barack et moi avons été élevés avec les mêmes valeurs: qu'il faut travailler fort pour obtenir ce que l'on veut dans la vie, que votre parole est sacrée, que l'on doit faire ce que l'on a promis de faire, qu'il faut traiter les gens avec respect et dignité, même si nous ne les connaissons pas et même si nous sommes en désaccord avec eux."

Un autre passage très similaire survient deux phrases plus loin dans le discours de Mme Trump, quand elle évoque les valeurs qu'elle veut inculquer à son fils: "Il faut transmettre ces leçons aux générations qui nous suivent. Parce que nous voulons que les enfants de cette nation comprennent que la seule limite à vos réussites est la force de vos rêves et votre volonté à travailler pour les atteindre."

En 2008, Mme Obama déclarait: "Barack et moi voulons construire des vies guidées par ces valeurs et les transmettre à la génération suivante, parce que nous voulons que nos enfants _ et tous les enfants de cette nation _ comprennent que la seule limite à vos réussites est la portée de vos rêves et votre volonté à travailler pour les atteindre."

Mme Trump avait déclaré au réseau NBC, avant de prononcer son discours, qu'elle l'a écrit elle-même "avec un petit peu d'aide".

Cette controverse mise à part, l'ancienne mannequin slovène, qui est 24 ans plus jeune que son mari, a semblé séduire les délégués républicains, ce qui en a incité certains à la comparer à Jackie Kennedy et à estimer qu'elle sera un "atout" pour la campagne de M. Trump.

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Roulant les "r" de son accent slovène, l'ancien mannequin naturalisé en 2006 avait présenté son mari comme un homme à poigne, mais plein d'amour pour les siens et son pays.

"Donald veut représenter tout le monde, pas seulement certains. Cela inclut les chrétiens, les juifs et les musulmans", a-t-elle dit. "Cela inclut les hispaniques et les Noirs et les Asiatiques, et les pauvres et la classe moyenne."

Plus tôt lundi, les travaux de la convention avaient été perturbés par des délégués anti-Trump, qui ont bruyamment hué les responsables du parti lors d'un vote de procédure.

Donald Trump lui-même n'a fait qu'un brève apparition, accompagnant sa femme sur la scène de la salle omnisports de Cleveland, centre névralgique de la convention.

Clinton va nous unir

Malgré ces couacs, après le vote des 2.472 délégués élus lors des primaires, qui aura lieu mardi en fin de journée, plus rien ne pourra empêcher l'impression du nom de Donald Trump sur les bulletins de vote de l'élection présidentielle du 8 novembre. Son adversaire démocrate, Hillary Clinton, sera investie la semaine prochaine à Philadelphie.

Le Parti républicain est de facto résigné à introniser le milliardaire new-yorkais. A cette résignation répondait la faible mobilisation des anti-Trump à l'extérieur de la convention, qui n'ont réuni que 500 manifestants lundi.

Donald Trump cèdera la lumière mardi et mercredi à ses alliés politiques, quelques célébrités de second ordre, et ses enfants. Il reviendra jeudi pour un discours d'investiture très attendu.

"Les Américains et le reste du monde le regarderont. Si Donald Trump ne change pas cette semaine, s'il ne donne pas l'image d'un homme présidentiel... il perdra" en novembre, prévient un délégué de l'Ohio, Mike Gonidakis. "Jeudi soir, ce sera son grand moment. S'il se plante, je ne pense pas qu'il pourra s'en remettre."

Pour faire le plein des voix en novembre, le fond du message de Donald Trump comptera autant que le désir des électeurs républicains d'empêcher Hillary Clinton de succéder à Barack Obama.

"Ce qui va nous unir, c'est Hillary Clinton", martèle John Jay LaValle, vice-président du Parti républicain de l'Etat de New York.

Le rejet de la démocrate, qui garde un peu plus de trois points d'avance en moyenne dans les sondages, est très mobilisateur dans un électorat de plus en plus polarisé.

Passée au second plan pendant cette semaine républicaine, Mme Clinton prépare sa propre intronisation, martelant le caractère "dangereux" du républicain.

"Donald Trump flirte avec les suprématistes blancs. Donald Trump insulte les immigrés mexicains. Donald Trump rabaisse les femmes. Donald Trump veut interdire à une religion entière l'entrée sur notre territoire", a-t-elle dénoncé lundi.