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Trump : le défi de l'unité

Comment refaire l'unité d'un parti qui sort d'une campagne pour les primaires qui a divisé le parti comme jamais. Même s'il semble parfois agir comme si c'était le dernier de ses soucis, il reste que ce sera le principal problème de Donald Trump au cours de la Convention républicaine.

Une analyse de Michel C. Auger

CLEVELAND - Le premier geste pour assurer l'unité du parti est normalement la sélection du candidat à la vice-présidence. Très souvent, le colistier est un candidat défait et sa nomination est une façon de panser les plaies de la campagne des primaires. On n'a qu'à penser à Joe Biden ou George Bush, père.

En choisissant Mike Pence, Donald Trump a fait un geste pour l'unité du parti, mais seulement envers une de ses factions : les chrétiens évangéliques qui ne se reconnaissent guère dans un milliardaire divorcé de New York.

Sauf que lorsqu'il a présenté M. Pence, Donald Trump a agi comme si c'était une obligation, une des figures imposées de la campagne plutôt qu'un geste de réconciliation. Samedi dernier, Donald Trump aura chanté ses propres louanges pendant presque une demi-heure, avant de présenter M. Pence du bout des lèvres pour ensuite quitter l'estrade, laissant son candidat à la vice-présidence fin seul. Pour le geste d'unité, on repassera.

De toute façon, les chrétiens évangéliques ne sont qu'une des factions du parti républicain qui attendent aussi un geste de M. Trump. Les républicains plus modérés, les partisans d'une défense nationale plus forte, les libre-échangistes, et les partisans -- ils sont encore nombreux -- des présidents Bush, père et fils ont tous encore du mal à

se rallier à M. Trump.

Or, quatre des candidats défaits par M. Trump seront absents de la convention de Cleveland, tout comme l'ensemble de la famille Bush, y compris les deux seuls anciens présidents républicains encore vivants. Pas vraiment un signe d'unité...

De Trump à Clinton

De toute évidence, M. Trump croit qu'il suffira de mentionner le nom de son adversaire, Hillary Clinton, pour unir le parti républicain. Et c'est vrai que la candidate démocrate suscite presque autant de méfiance que M. Trump auprès des électeurs indépendants.

Mais l'unité risque d'être plus facile à retrouver chez les démocrates que chez les républicains. On peut reprocher bien des choses à Mme Clinton, dont sa manie du contrôle et du secret, mais pas de diviser les électeurs les uns contre les autres, comme l'a fait allègrement M. Trump durant les primaires.

Bien des républicains craignent qu'il n'ait réduit plutôt qu'agrandi la base du parti. Ainsi, pour la première fois depuis 60 ans ce sont les démocrates qui, selon les sondages, on une majorité chez les électeurs blancs qui ont un diplôme universitaire.

C'est ce qui fait que plusieurs républicains bien connus ne voudront pas être vus au couronnement de M. Trump et se refusent encore aujourd'hui à dire qu'ils voteront pour lui. Ils pourraient rester à la maison ou encore voter pour un candidat marginal.

L'exemple démocrate

Les démocrates se souviendront sans doute plus facilement des périls de cette attitude. Comme des élections de 2000 quand trois pour cent de l'électorat avait voté pour Ralph Nader, le candidat du Parti vert, juste assez pour donner la victoire à George W. Bush contre Al Gore.

On l'a vu en 2008, quand beaucoup de partisans d'Hillary Clinton avaient déclaré aux sondeurs qu'il ne pourraient jamais voter pour Barack Obama. À la fin de la campagne, plus de 90 pour cent l'ont quand même fait. Cette année, beaucoup de partisans de Bernie Sanders ont dit ne pas vouloir se rallier à Hillary Clinton, mais il est probable que la grande majorité d'entre eux suivront les conseils de leur candidat, ne serait-ce que pour barrer la route à Donald Trump.

Le proverbe dit que les absents ont toujours tort. Mais, cette année, il existe une masse critique de républicains qui semblent croire que les divisions qu'a semé Donald Trump sont trop importantes pour mériter leur appui.

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