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Mohawk Girls, quand la réalité devient fiction

La série Mohawk Girls achève le tournage de sa quatrième saison à Kahnawake. Souvent comparé à Sex and the City, la série télévisée aborde de manière légère des problèmes qui sont propres aux Premières Nations à travers le quotidien de quatre jeunes femmes mohawk.

Un texte de Héloïse Bargain

Diffusée pour la première fois en 2014 sur les ondes de l'APTN, la série Mohawk Girls attire les téléspectateurs autochtones, comme non autochtones.

Le ton est léger, mais le message est profond. « On ne voulait pas faire quelque chose de lourd et de moraliste. On voulait que ce soit fun à écouter. Fun et instructif », affirme la co-créatrice et scénariste, Cynthia Knight.

Faire tomber les préjugés

Originaire de la réserve, la co-créatrice et réalisatrice, Tracey Deer, a beaucoup souffert des préjugés durant son adolescence.

Pour la réalisatrice mohawk, la meilleure manière de venir à bout des préjugés, c'était de « bâtir des ponts » et permettre une meilleure compréhension de chaque culture.

En créant la série, Tracey Deer et Cynthia Knight, voulaient montrer le vrai visage de Kahnawake.

La série démystifie plusieurs mythes reliés à la vie dans les réserves, à commencer par la pauvreté. Une des protagonistes est particulièrement riche et organise de grandes soirées luxueuses à Kahnawake.

« Les gens ont une image des réserves où les habitants sont très pauvres et désœuvrés. [...] Mais la vérité, c'est qu'ici certaines personnes sont pauvres, d'autres viennent de la classe moyenne et d'autres sont très riches », ajoute la scénariste de Mohawk Girls.

La vérité, toute la vérité

Qu'il n'en déplaise à certains, Mohawk Girls parle aussi de réalités plus sombres et fait état du type de rumeurs et de jugements qui peuvent courir dans la réserve.

Une des protagonistes est à moitié Mohawk et a beaucoup de mal à s'intégrer dans la communauté. La jeune femme possède moins de 50 % de sang mohawk et doit subir les commentaires de certaines filles de la réserve à presque tous les épisodes.

Tracey Deer explique que la question de la « pureté du sang mohawk » est très présente sur la réserve. « C'est le système qui a été mis en place par la Loi sur les Indiens il y a près 150 ans. [...] Maintenant, j'ai l'impression que beaucoup de gens ont vraiment internalisé ce système de jugement et y croient à leur tour », déplore-t-elle.

Trouver l'amour

L'autre question qui plane sur l'ensemble de la série, c'est bien sûr la recherche de l'homme idéal. Les jeunes femmes doivent jongler entre leurs attentes à elles et les attentes de leur communauté qui préférerait qu'elles choisissent un homme mohawk pour « rebâtir la nation ».

Quatre saisons plus tard

Pour Tracey Deer, les préjugés mettront du temps à tomber, mais la réalisatrice peut déjà percevoir quelques impacts qu'a eus Mohawk Girls en écoutant les commentaires des téléspectateurs.

« J'ai vu des personnes qui écoutent la série et qui m'ont dit : "Wow, je n'avais aucune idée que c'était comme ça! Wow, ça change tout! Wow, j'ai tellement appris! Wow, on se ressemble plus qu'on est différents!" », dit-elle.

La réalisatrice ne sait pas encore combien de temps durera la série, mais travaille déjà sur un prochain film à saveur autobiographique où elle relatera la crise d'Oka à travers les yeux d'une enfant de 12 ans.

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