Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Journalistes à Montréal et à Bruxelles : dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es

Épisode 3 - Un journaliste de la RTBF à Radio-Canada. Un journaliste de Radio-Canada à la RTBF. L'un à Montréal. L'autre à Bruxelles. Tout au long du mois de juillet, Baptiste Hupin et Thomas Gerbet changent de rédaction. Ils vous livrent ici le regard qu'ils portent sur les petites et les grandes choses qui font le quotidien de part et d'autre de l'Atlantique.

Baptiste Hupin, à Montréal

Cher Thomas,

« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. » L'observation des habitudes alimentaires dans un pays étranger nous en apprend souvent beaucoup sur sa culture.

Je ne parlerai pas ici des qualités gustatives contestées de la poutine, ce mets québécois composé de frites, d'une sauce brune et de fromage. Toute remarque désobligeante de la part d'une personne née au pays de la mitraillette (sandwich aux frites) et de la fricadelle (saucisse belge faite de carton? de cheval? Mieux vaut ne pas savoir) serait effectivement mal venue.

Je suis venu pour la première fois au Québec il y a 10 ans en tant qu'étudiant, et le pays m'avait laissé de piètres souvenirs gastronomiques. Cette triste expérience culinaire, située à mi-chemin entre le burger et le pain de mie, était peut-être liée à mes propres habitudes alimentaires d'étudiant. Mais à chacune de mes visites au Canada depuis lors, j'ai pu constater une attention de plus en plus grande à la nourriture de qualité.

Aujourd'hui, entre une grande surface et un fast-food, les quartiers de Montréal que je traverse regorgent de petits restos et de boutiques alimentaires spécialisées. Le samedi, les Montréalais prennent plaisir à aller « faire leur épicerie » dans des marchés couverts comme le marché Jean Talon ou le marché Atwater.

Les épiciers mettent en évidence des produits québécois, des yaourts, des viandes, des fromages. Une attention particulière est portée aux produits durables et biologiques. Dans notre quartier d'adoption, le boucher recommande de manger moins de viande.

Au rythme où se développent les microbrasseries ici, le nombre de bières produites au Québec concurrencera bientôt la diversité belge. Chaque nouvelle bière tente de se démarquer par des goûts et des embouteillages très spécifiques, avec plus ou moins de succès.

Mais l'alcool est cher au Québec. Seuls le vin et la bière se vendent en grande surface. Pour le reste, direction la SAQ. Société des alcools du Québec. Un monopole d'État sur la vente d'alcool...

De façon générale, j'ai le sentiment que les produits alimentaires sont assez chers. Il s'agit peut-être d'une impression liée au dollar (1 euro = 1,45 dollar canadien).

Bon je te laisse, j'ai une petite faim. Je vais commander un burger au fast-food du coin...

Thomas Gerbet, à Bruxelles

Allo Baptiste,

Hier, j'ai ri en entendant des Belges s'extasier devant l'arrivée de vendeurs de donuts à Bruxelles... Chacun rêve de ce qu'il n'a pas. Au Québec, des beignes, on en trouve partout.

En revanche, moi je m'extasie devant le nombre de chocolatiers. Je me suis laissé tenter par les magasins Galler, Laurent Gerbaud et Pierre Marcolini. Un délice. Attention au portefeuille, par contre.

Au niveau gastronomie plus populaire, j'ai bien sûr acheté « une frite » (c'est comme ça qu'on appelle en Belgique un cornet de frites). Cuites deux fois dans la graisse de boeuf, comme le veut la tradition. Je dois t'avouer que je m'attendais à quelque chose d'extraordinaire compte tenu du mythe de la frite belge à travers le monde. Elles étaient très bonnes, mais disons que je me sentais un peu comme après avoir découvert que le Manneken-Pis est une petite statue de seulement 55 centimètres.

Les bières belges, quant à elles, sont à la hauteur de mes attentes. Diversifiées et succulentes. Statistique intéressante : un Canadien consomme en moyenne 63 litres de bière par année. Un Belge, c'est le double!

Concernant le prix des aliments au supermarché, je me posais la même question que toi : le panier d'épicerie coûte-t-il plus cher au Canada qu'en Belgique? Eh bien non, après avoir analysé 40 produits vendus au Carrefour Market à Bruxelles et au IGA à Montréal, on réalise que la facture finale est quasiment la même. Bien sûr, il y a des différences selon les produits, mais tout ça s'équilibre.

Regarde ce tableau :

À suivre...

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.