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Convention républicaine : une fête de famille obligée

Beaucoup de républicains n'ont pas le coeur à la fête. Leur convention qui s'ouvre lundi à Cleveland baigne dans une atmosphère d'inquiétude et d'inconnu. Le choix de Donald Trump est encore très loin de faire l'unanimité. La grande famille républicaine est divisée.

Un texte de Christian Latreille

correspondant à Washington

Pourtant, les conventions politiques américaines sont traditionnellement l'occasion pour les membres de célébrer la nomination de leur candidat. Mais cette année, la fête de famille ressemble plus à un lendemain de veille où tout le monde s'est disputé. Trump a semé la discorde. Plusieurs républicains ont quitté le navire.

Même si le mouvement anti-Trump s'essouffle, certains délégués ont promis de faire connaître leur mécontentement durant la convention. Cette semaine, une délégation du Colorado a tenté de convaincre le parti de laisser les délégués voter selon leur conscience. Leur proposition a été rejetée, et tous les républicains demeurent liés par leur choix lors des primaires.

Un parti transformé

Le milliardaire new-yorkais s'est emparé d'un parti en état de quasi-implosion. La formation politique n'est plus l'ombre d'elle-même. Le parti républicain souffre d'une crise d'identité dont certains croient qu'il ne se remettra jamais. Une transformation ayant commencé d'ailleurs avec l'arrivée, en 2010, du mouvement conservateur, le « Tea Party ».

Trump, à son tour, a transformé ce parti avec des idées et un style qui ne ressemblent en rien à celui de l'époque de Ronald Reagan. Il est contre le libre-échange, contre l'immigration et en faveur de hausses d'impôts pour les riches. Les vieux routiers et les élites républicaines en perdent leur latin. Résultat : plusieurs grandes vedettes républicaines ne feront pas le détour par Cleveland.

De grands absents

C'est le cas de John McCain et Mitt Ronney, ex-candidats à la présidence, des ex-présidents George Bush père et fils ainsi que Jeb Bush qui ne seront pas là non plus. Le sénateur de la Floride, Marco Rubio, et John Kasich, gouverneur de l'Ohio - l'État où se tient la convention -, brilleront aussi par leur absence. Même l'ex-colistière de John McCain, Sarah Palin, n'a pas l'intention d'y être.

C'est sans compter l'élite financière de Wall Street qui, discrètement, a décliné l'invitation des républicains. JP Morgan Chase, Goldman Sachs, Morgan Stanley et Bank of America trouvent trop risqué de commanditer un événement où Trump sera la vedette.

De grandes entreprises comme Coca Cola et Google, très présentes lors de la convention de 2012 à Tampa, ont aussi décidé de ne pas être de la grande réunion républicaine cette année. Ils craignent que leur image de marque souffre de la mauvaise publicité entourant Donald Trump.

Ce dernier souhaitait faire de la convention de Cleveland un événement spectaculaire axé sur le divertissement. Trump a d'ailleurs qualifié de très ennuyante la dernière convention républicaine. Mais jusqu'à maintenant, très peu des grands noms de la chanson et du monde du spectacle ont souhaité performer sur la scène du Centre Quicken Loans.

En revanche, les délégués auront droit aux discours de Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, de Mitch McConnell, leader du Sénat, des gouverneurs du New Jersey et du Wisconsin, Chris Christie et Scott Walker, de l'ancien maire de New York Rudy Giuliani ainsi que de la fille et de la conjointe de Donald Trump, Ivanka et Melania.

Les manifestants de groupes allant de Black Lives Matter jusqu'aux suprémacistes blancs se feront aussi entendre à Cleveland. Il y a beaucoup de colère aux États-Unis, et une convention politique est un endroit de prédilection pour faire valoir sa cause. La ville se veut accueillante, mais la sécurité a dû être renforcée.

Les républicains auront donc une semaine pour retrouver une certaine unité. Les dernières années ont été éprouvantes pour le parti. Faute de faire l'unanimité autour de Donald Trump, les républicains s'uniront au moins pour battre Hillary Clinton. Pour eux, la perspective de voir une autre démocrate s'installer sur Pennsylvania Avenue pour quatre ans est une calamité qu'ils doivent éviter même au prix de choisir le candidat qui les a divisés.

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