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14/07/2016 08:58 EDT | Actualisé 15/07/2017 01:12 EDT

Trop facile de s'improviser conducteur d'embarcation

Des propriétaires de bateaux n'ont pas les compétences nécessaires pour conduire leur embarcation, malgré le permis de navigation mis en place par Ottawa pour les embarcations à moteur. Une situation que déplorent certains plaisanciers et policiers.

Un texte de Jean-Philippe Robillard

Les conducteurs d'embarcations motorisées doivent aujourd'hui posséder une carte d'embarcation de plaisance. Cette preuve de compétence, qui est émise par Transports Canada, est obligatoire pour conduire aussi bien une chaloupe, qu'une motomarine ou un bateau.

On peut l'obtenir facilement sur Internet en effectuant un court examen théorique et permet dès l'âge de 16 ans de conduire tous les types de bateaux, du plus petits aux plus gros.

Naviger avec « zéro connaissance »

Le sergent Johnny Drolet de la Sûreté du Québec, qui patrouille sur le fleuve Saint-Laurent depuis plusieurs années, constate que plusieurs plaisanciers n'ont pas les compétences nécessaires. Certains propriétaires de grands bateaux « ont zéro connaissance de navigation », souligne-t-il.

La directrice de la Marina de Longueuil, Ginette McDuff, constate, elle aussi, que des propriétaires de bateaux manquent de compétences. « Les gens, ils arrivent ici, ils ne savent pas c'est quoi une bouée, tribord et bâbord, ils ne le savent pas », précise Mme McDuff.

Mme McDuff a décidé de prendre les choses en main; elle exige que ses clients soient assurés.

« Ils ne savent pas conduire »

Selon Loraine Poirier, qui possède un bateau depuis plusieurs années à la Marina de Longueuil, certains plaisanciers sont dangereux aux commandes de leur embarcation.

« Depuis quelques années, beaucoup de monde achète des bateaux et ils ne savent pas conduire, mentionne-t-elle. Même s'ils ont leurs cartes de conducteur de plaisance, ils ne savent pas conduire. »

Charles Boulé, un plaisancier, partage cet avis. « Je constate qu'il y a beaucoup de monde qui ne connaît pas les lois nautiques, dit-il, c'est le problème. »

Resserrer les règles

La directrice de la Marina de Longueuil souhaite que la navigation de plaisance soit mieux encadrée, mieux contrôlée. Elle en a assez de voir des incompétents aux commandes de leurs bateaux.

Consciente du problème, la Société de sauvetage du Québec offre d'ailleurs une formation de 33 heures sur la navigation, mais elle n'est pas obligatoire.

« La carte, c'est un bon début, c'est une bonne première étape, précise François Plamondon-Labrecque, coordonnateur pour la Société de sauvetage. Toutefois, de plus en plus de gens voient le besoin d'une formation pratique sur l'eau. En ce moment, quelqu'un peut obtenir la carte de conducteur sans avoir fait aucune évaluation pratique. »

Le sergent Johnny Drolet déplore cette situation. « Les gens vont aller chercher la preuve de compétence, le document qui est exigé par la loi, c'est juste de la théorie », indique-t-il.

Pour le sergent Drolet et son collègue, les journées sont donc bien remplies. En plus des comportements douteux de certains plaisanciers, ces deux policiers doivent aussi faire face aux problèmes de consommation d'alcool sur l'eau.

La Sûreté du Québec possède 85 bateaux et ce sont 300 policiers qui surveillent les plans d'eau un peu partout au Québec.