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14/07/2016 07:41 EDT | Actualisé 15/07/2017 01:12 EDT

RDC: 2 chercheurs de Global Witness déclarés "indésirables"

Les autorités congolaises ont déclaré "indésirables" deux chercheurs de l'ONG britannique Global Witness, accusés de propager de fausses informations, les enjoignant à quitter la République démocratique du Congo dès jeudi soir.

"Sur ordre des autorités de la République, le gouvernement de la République m'a chargé de déclarer indésirables" Jules Caron et Alice Harrison "et de leur prier de quitter dès ce soir le territoire national", a déclaré à la presse le ministre de l'Environnement congolais, Robert Bopolo.

MM. Caron et Harrison (de nationalité canadienne et allemande) vivent depuis le 22 juin en RDC avec des visas "non requis" (non conformes), et "ont visité 5 sites d'exploitation forestière", a ajouté M. Bopolo, après avoir présenté les deux chercheurs devant les caméras.

MM. Caron et Harrison "se sont permis de procéder à l'intoxication des populations pour les pousser à se soulever contre les concessionnaires forestiers avec toutes les conséquences néfastes sur la paix dans ce pays, sur la pauvreté, la santé, l'éducation et même sur le régime politique", a accusé M. Bopolo.

Selon lui, "un tel comportement d'intoxication mettrai ce pays (la RDC) en péril".

"Nous sommes en mesure de contrôler nous-mêmes nos concessions forestières", a ajouté M. Bopolo.

Les missions dont il est question se sont déroulées dans la Province Orientale (nord-est), ainsi que dans les provinces de Bandundu (sud-ouest) et de l'Équateur (nord-ouest).

"On est allé examiner le taux de réalisation sociale dans les concessions forestières", et vérifier "si oui ou non les écoles, les routes, les centres de santé ont été construits", a déclaré M. Harrison. Selon la loi congolaise, les sociétés d'exploitation forestière doivent respecter un cahier des charges afin que les communautés locales puissent bénéficier de retombées économiques dans leur région.

"Des 5 concessions visitées, aucune n'est en règle", a-t-il indiqué à la presse avant d'être rapidement embarqué par les agents de sécurité.

Global Witness, ONG qui lutte entre autres, contre le pillage des ressources naturelles des pays en développement, effectue plusieurs missions de contrôles des concessions forestières en RDC.

"Les accusations portées contre nous sont complètement fausses", déclaré Global Witness dans un communiqué en anglais, indiquant que les 2 chercheurs effectuaient "une mission de routine".

L'ONG affirme avoir travaillé depuis 2007 en RDC en collaboration avec "le gouvernement et les bailleurs de fonds internationaux sur l'amélioration de la transparence et la gouvernance du secteur forestier".

Selon Global Witness, les 2 chercheurs sont entrés légalement dans le pays avec des visas conformes et des documents décrivant leur mission.

L'ONG estime que leur expulsion est un signe que le gouvernement congolais veut limiter le travail de la société civile qui cherche à s'assurer que le secteur forestier du pays est transparent, légal et sans corruption.

mbb/spb