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14/07/2016 06:37 EDT | Actualisé 15/07/2017 01:12 EDT

Quel vice-président pour Trump?

Qui sera le vice-président de Donald Trump s'il gagne l'élection présidentielle américaine? Après plusieurs semaines de suspense soigneusement alimenté, le milliardaire annoncera son choix vendredi à 11H00 (15H00 GMT) à New York, juste à temps pour la convention républicaine qui demarre lundi à Cleveland.

Le choix d'un "VP" est important: il peut compenser certaines faiblesses du candidat à la présidentielle, rassurer des électeurs hésitants, aider à remporter un Etat clé. Donald Trump, 70 ans, qui n'a jamais occupé de fonction élective, a reconnu qu'il lui fallait quelqu'un qui connaisse le monde de la politique.

"J'ai réduit (la liste) Je suis potentiellement à quatre. Mais dans mon esprit, je pense à deux", a-t-il déclaré mercredi sur Fox.

Il a aussi confié au Wall Street journal qu'il lui fallait un vice-président capable de le défendre, alors qu'il est "attaqué de tous les côtés".

Avec cet as de la télé-réalité, les surprises sont toujours possibles. Mais trois finalistes semblent en lice, le gouverneur de l'Indiana, Mike Pence, le gouverneur du New Jersey Chris Christie et l'ancien speaker de la Chambre des représentants Newt Gingrich. Chacun a ses défauts et qualités.

Chris Christie, 53 ans

Gouverneur du New Jersey depuis 2010.

AVANTAGE: Trump le connaît depuis longtemps et a confiance en lui. Candidat malheureux aux primaires républicaines, cet ancien procureur fédéral charismatique au discours parfois décapant, a été l'un des premiers à se ranger derrière Donald Trump en février, qui l'a récompensé en le nommant responsable de son équipe de "transition", s'il gagne en novembre.

Il est aussi gouverneur républicain d'un Etat traditionnellement démocrate et son expérience pourrait aider à travailler avec un Congrès profondément divisé, et Trump a salué en lui un "formidable guerrier".

INCONVENIENTS: Républicain relativement modéré, certains dans le parti ne lui ont pas pardonné de s'être affiché avec Obama après l'ouragan Sandy en 2012.

Blanc quinquagénaire, très impopulaire dans son Etat, il n'élargit pas la base électorale de Donald Trump.

Il a aussi une "casserole" encombrante: le "bridgegate", scandale d'embouteillages géants créés par deux collaborateurs par vengeance politique en 2013. Et en tant que procureur, il avait aussi contribué à envoyer en prison le père du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, très impliqué dans sa campagne.

Newt Gingrich, 73 ans

AVANTAGE: Le plus expérimenté de tous, élu à la Chambre des représentants de 1979 à 1999, ancien président de la Chambre de 1995 à 1999, co-instigateur de la "révolution républicaine" de 1994 qui y avait mis fin à 40 ans de majorité démocrate, durant la présidence Clinton. Il connaît tout de Washington. Très intelligent, plein d'idées.

Consultant, commentateur politique, il n'a jamais quitté le monde de la politique. Candidat malheureux à l'investiture républicaine en 2012, il conseille officieusement Trump depuis des mois, et semble intéressé par le poste.

"Soit il y a (une alchimie) soit il n'y en a pas", a déclaré Trump au Wall Street journal. "Elle existe clairement avec Chris et Newt" Gingrich.

INCONVENIENT: Il est aussi impopulaire que Trump et n'aiderait pas à élargir sa base électorale. Cet homme marié trois fois -- un point commun avec le milliardaire -- serait également le vice-président le plus âgé de l'histoire américaine.

Et les experts soulignent que sa personnalité volcanique pourrait rapidement s'opposer à celle de Trump.

Mike Pence, 57 ans

Gouverneur de l'Indiana depuis janvier 2013.

Donald Trump l'a rencontré d'abord en famille, l'a revu mercredi chez lui. Pence l'a accompagné dans plusieurs meetings. Il serait le favori des enfants adultes de Trump, très impliqués dans le choix du VP.

AVANTAGE: Avocat de formation, ancien animateur de radio, courtois et posé, il connaît les arcanes de Washington pour avoir été membre de la Chambre des représentants de 2001 à 2013 et président de la conférence républicaine (numéro 3 du parti) de 2009 à 2011. Le speaker républicain de la Chambre Paul Ryan le considère comme un ami. Ses connections pourraient aider à récolter plus de fonds pour la campagne de Trump.

C'est aussi un conservateur, défenseur des valeurs familiales, très croyant, accusé d'être anti-LGBT, anti-réfugiés. Il aiderait Trump auprès des conservateurs traditionnels et probablement aussi dans la "Rust Belt", la région industrielle du nord-est en déclin, dont fait partie l'Indiana.

INCONVENIENTS: Trop conservateur pour attirer des électeurs indépendants hésitants.

bd/vog