NOUVELLES
14/07/2016 19:51 EDT | Actualisé 15/07/2017 01:12 EDT

Pyongyang annonce l'arrestation d'un transfuge nord-coréen accusé d'être un espion de Séoul

Pyongyang a annoncé vendredi l'arrestation d'un transfuge nord-coréen accusé d'avoir participé à un projet d'enlèvement de fillettes nord-coréennes à l'instigation des services d'espionnage sud-coréens.

Lors d'une conférence de presse soigneusement mise en scène à Pyongyang, Ko Hyon-Chol, 53 ans, a "avoué" avoir tenté d'enlever deux orphelines nord-coréennes pour les emmener en Corée du Sud.

"J'ai commis le crime impardonnable d'avoir été impliqué dans une tentative d'enlèvement d'enfants", a-t-il dit en larmes, devant la presse étrangère et des diplomates.

Cette affaire survient après la défection au Sud d'un groupe de Nord-Coréennes qui travaillaient dans un restaurant nord-coréen en Chine en avril.

La Corée du Nord martèle que ces femmes ont été enlevées par le Service du renseignement national (NIS), les services secrets sud-coréens, mais Séoul affirme qu'elles sont passées au Sud de leur plein gré.

Ko Hyong-Chol a expliqué avoir été arrêté le 27 mai peu après être rentré en Corée du Nord via la Chine, en franchissant le Yalou, le fleuve qui sépare les deux pays, à l'aide d'un canot pneumatique. Il avait l'intention, a-t-il dit, d'utiliser le même moyen dans l'autre sens pour ramener deux fillettes orphelines de huit et neuf ans.

Ko Hyon-Chol avait fui la Corée du Nord en janvier 2013 pour la Chine, où il a vécu pendant un an environ, avant d'arriver en Corée du Sud en 2014, via le Laos et la Thaïlande.

Il a déclaré qu'il avait fui son pays car il y menait des activités de contrebande et faisait l'objet d'une enquête. Mais, toujours selon ses dires, la vie était difficile en Corée du Sud, où il n'a pas réussi à trouver d'emploi.

C'est en décembre 2015 qu'il a été présenté à des agents du NIS, qui l'ont envoyé dans la ville chinoise frontalière de Dandong afin de réactiver ses contacts clandestins pour faire sortir des matériaux sensibles de Corée du Nord.

Puis, le renseignement sud-coréen lui a demandé d'organiser les deux enlèvements, pour lesquels il aurait reçu au total 20.000 dollars, toujours selon son récit.

"Ils m'ont demandé si j'étais au courant de l'histoire des 12 femmes qui avaient fait collectivement défection et m'ont dit que ce n'était qu'un début", a ajouté M. Ko. "Alors, j'ai lancé les préparatifs pour enlever des enfants mais ce n'était pas facile".

gh/sh/ev/gde