DIVERTISSEMENT
14/07/2016 12:27 EDT

Nuits d'Afrique 2016: Rachid Taha à fond les décibels

M. Belmellat

Rachid Taha est un agité. Mercredi soir, il a galvanisé le Métropolis pendant plus de deux heures de musique. De sa voix rauque, le roi du raï a fait vibrer les sonorités de Oum Kalsoum et de The Clash dans un mélange des genres électrisant.

Invité pour l’ouverture du Festival international Nuits d’Afrique qui célèbre sa trentième édition, l’enfant terrible du raï est arrivé sur la scène avec veste longue et chapeau noir, allure d'éternel dandy rebelle. «Je vois qu’il y a des nouveaux, je vois qu’il y a des anciens, comment ça va?», a-t-il lancé avant d’interpréter l’atmosphérique Jamila, issue de son album Zoom.

Du chaâbi à la techno, sans interruption ou presque, l’artiste originaire d'Oran en Algérie a joué les pièces de son répertoire à un rythme qui a parfois frisé la transe. Malgré quelques petits problèmes de son, notamment avec le titre Zoom sur Oum, le derviche rockeur n’est jamais paru déstabilisé. Bien au contraire, dans un joyeux bordel, Rachid Taha a invoqué ses dieux protecteurs de la musique comme Elvis Presley, Johnny Cash ou Mike Jones auquel il rend hommage dans son dernier disque Zoom.

Entre deux chansons – entre l’Amérique et l’Orient – l’auteur-interprète de 57 ans, dont la carrière n’a jamais cessé de jouer au grand écart, a bien tenté de revenir sur l’actualité en dénonçant la situation économique des Arabes et des Africains pour finalement lâcher un «je vous emmerde!». Irrésistiblement trash, on retiendra cette réflexion: «Ce soir, je voudrais manger un Couscous Klan». Et puis, place à la musique devant un public fêtard subjugué par la superbe balade Galbi.

Voix rocailleuse, un peu moins claire qu’à l’accoutumé, il a continué avec l’ombrageux Meftouh avant d'enflammer ses admirateurs avec les cultissimes Ya Rayah et la version orientale de Rock The Casbah. Jamais bien loin, son fidèle acolyte Hakim Hamadouche a offert un magnifique solo de mandole. Dans un dernier tour de piste, Voilà voilà, scandé tel un hymne contre la fatalité et la montée des extrêmes.

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