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14/07/2016 10:35 EDT | Actualisé 15/07/2017 01:12 EDT

Mike Pence, le choix raisonnable de Trump

Le gouverneur Mike Pence, un conservateur pressenti pour devenir l'éventuel vice-président de Donald Trump, lui apporterait son expérience de Washington et une courtoisie plus qu'utile à la campagne du flamboyant milliardaire.

Gouverneur de l'Indiana (nord) depuis janvier 2013, M. Pence, avocat de formation, ancien animateur de radio et donc bon communiquant, connaît les arcanes de Washington pour avoir été membre de la Chambre des représentants de 2001 à 2013 et président de la conférence républicaine (numéro 3 du parti) de 2009 à 2011.

Discipliné, relativement discret, cet homme de 57 ans était apparemment le favori des enfants Trump --très influents dans la campagne de leur père-- face aux fortes personnalités plus imprévisibles du gouverneur du New Jersey Chris Christie et de l'ancien speaker de la Chambre des représentants Newt Gingrich, également pressentis.

Le speaker républicain de la Chambre Paul Ryan, qui marche sur des oeufs avec Donald Trump, considère Mike Pence comme un ami.

Ses connections pourraient aider à apaiser le climat entre Trump et un parti républicain toujours mal à l'aise face à son candidat, et à récolter plus de fonds pour sa campagne.

Et sa personnalité, façonnée par sa foi chrétienne, est assurée de ne pas faire d'ombre au milliardaire de l'immobilier qui, plus que tout, valorise la loyauté de son entourage. Les deux hommes n'étaient jusqu'à présent pas particulièrement proches.

Mike Pence est conservateur, défenseur des valeurs familiales, très croyant, anti-avortement, anti-mariage pour tous et anti-réfugiés.

Il s'est décrit comme un "chrétien, un conservateur et un républicain, dans cet ordre".

- Conservateurs traditionnels -

En tant que gouverneur, il a signé des lois rendant plus difficile l'avortement dans son Etat. Et il avait été très critiqué pour une loi sur la "Liberté religieuse", vue par ses détracteurs comme une façon de discriminer la communauté LGBT (lesbienne, gay, bisexuels, transgenres).

Donald Trump a rencontré Mike Pence plusieurs fois ces derniers jours, et a fait campagne avec lui dans l'Indiana mardi soir. Mercredi, Trump, ses enfants et son gendre, se sont rendus dans l'Indiana pour rencontrer à nouveau M. Pence, peu connu au-delà des cercles républicains.

Il sera à même d'aider Trump auprès des conservateurs traditionnels et notamment les évangéliques, encore réticents face à la personnalité de Trump, et probablement aussi dans la "Rust Belt", la région industrielle du nord-est en déclin, dont font partie l'Indiana et l'Etat voisin de l'Ohio, Etat clé dans la course à la Maison Blanche.

Certains élus républicains se sont réjouis à l'idée qu'il devienne le colistier de Trump, estimant nécessaire que le vice-président potentiel améliore le "ton et la teneur du débat".

"Je suis un grand fan de Mike Pence et je pense qu'il a plus de chance de faire évoluer le candidat là où il doit être", a ainsi déclaré au magazine The Hill le sénateur de l'Arizona Jeff Flake, qui a rencontré Donald Trump la semaine dernière, un échange qui s'est mal passé. "Il est conservateur, il est intelligent, et il a été bon en matière de commerce et d'immigration".

Mais certains experts soulignent que le choix de Mike Pence ne sera pas en mesure d'élargir la base électorale de Trump, notamment auprès des indépendants ou des républicains modérés, à l'égard desquels la démocrate Hillary Clinton devrait redoubler d'efforts.

M. Pence est engagé dans une difficile campagne de réélection dans l'Indiana.

bd/elm