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14/07/2016 10:32 EDT | Actualisé 15/07/2017 01:12 EDT

Le coyote « bien installé » à Montréal

Les résidents de Montréal qui croient voir de plus en plus de coyotes, surtout dans l'ouest de l'île, n'ont pas la berlue. Des experts disent que le coyote « s'est installé » sur l'île et qu'il faut s'attendre à en voir bien plus souvent.

Un texte de Ralph-Bonet Sanon

« On peut maintenant ajouter le coyote à la faune urbaine depuis quelques années », dit le garde-parc technicien en milieu naturel Henri Denis, de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq). « Le coyote est bien présent maintenant, il s'est installé », a-t-il affirmé, à l'émission Gravel le matin.

Avec une longueur qui se situe entre celle du loup et du chien, son pelage gris-roux et sa silhouette svelte, le coyote évoque la surprise chez les citadins à l'oeil assez aguerri pour le distinguer des autres canidés.

Lundi, la Montréalaise Natasha Gamsaragan raconte qu'en roulant sur l'autoroute 13, elle a aperçu ce qu'elle a d'abord cru être un chien égaré, mais qui ressemblait plus à un loup lorsqu'elle s'est approchée. « Chaque fois que je passe près de là en voiture, je regarde encore dans cette forêt », a-t-elle confié à CBC.

Il y a une semaine, la photo d'un coyote vu à Kirkland s'est mise à circuler sur Facebook. L'internaute qui l'avait publiée soutenait que le prédateur s'en était pris à son chien de compagnie et qu'il n'avait pas réagi aux efforts de son mari pour l'éloigner. Le mois dernier, la Ville de Kirkland avait déjà distribué un avertissement pour demander à ses résidents de l'avertir s'ils aperçoivent le canidé.

« Les gens rapportent en voir de plus en plus, comme on s'y attendrait », confirme le directeur général du Zoo Ecomuseum, David Rodrigue, qui accordé une entrevue à CBC plus tôt cette semaine. 

Habitats ouverts et cerfs abondants

Si les coyotes sont plus nombreux à Montréal, ce serait en raison de changements dans leur habitat, de leur capacité d'adaptation et d'une source de nourriture abondante sur l'île.

Selon David Rodrigue, du Zoo Ecomuseum, les habitats des coyotes sont décloisonnés dans le sud du Québec depuis une vingtaine d'années, ce qui permet à ces prédateurs, qui s'adaptent très facilement, d'étendre leur territoire à la périphérie de l'île.

« Résultat : on les trouve maintenant pour ainsi dire partout. Ils sont en fait plutôt prédominants sur l'île de Montréal et se retrouvent pas mal dans tous les parcs-nature sur l'île », affirme le directeur du zoo situé à la pointe ouest de l'île.

L'expert provincial Denis Henri évoque aussi l'abondance de cerfs de Virginie dans l'ouest et dans l'est de l'île, en plus des petits animaux comme les ratons, les marmottes et les petits chiens ou chats de compagnie, dont se nourrissent les coyotes. 

Et puisqu'il s'adapte aisément, le coyote se nourrit aussi parfois de déchets ou de nourriture laissés par l'humain. « Ça serait très important pour les gens de ces secteurs-là d'éviter de laisser traîner de la nourriture pour animaux de compagnie dans la cour pendant la nuit », conseille M. Denis.

Pas menaçant, mais...

En présence d'un coyote, l'humain n'a rien à craindre de prime abord, tant qu'il garde ses distances, disent les experts. Le garde-parc de la Sépaq fait valoir que le coyote est beaucoup plus méfiant que le renard. 

« N'essayez pas de prendre des égoportraits avec des coyotes. Vous ne devriez pas le faire avec un grizzly, ne le faites pas avec un coyote », dit pour sa part le directeur général du Zoo Ecomuseum. 

Denis Henri craint que l'augmentation du nombre de coyotes dans l'Ouest montréalais amène les gens à baisser leur garde. « Plutôt que d'avoir peur du coyote, ils vont lui lancer de la nourriture, par exemple, comme c'est malheureusement le cas chez les écureuils. Ce n'est pas une bonne chose que de nourrir des animaux sauvages », rappelle-t-il.