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14/07/2016 08:51 EDT | Actualisé 15/07/2017 01:12 EDT

La malédiction des courriels d'Hillary

Hillary Clinton doit regretter tous les jours d'avoir utilisé une adresse courriel personnelle alors qu'elle était secrétaire d'État entre 2009 et 2013. Elle doit aussi beaucoup s'en vouloir que sa messagerie ait été gérée par un serveur privé installé à sa résidence new-yorkaise.

Une analyse de Christian Latreille

correspondant à Washington

Cette histoire est devenue un cauchemar qui la hante et qui empoisonne sa campagne à la présidence des États-Unis depuis le début. Et cette affaire est de nouveau revenue à l'avant-scène, la semaine dernière, lorsque le FBI a décidé de ne pas porter d'accusations contre Mme Clinton.

Le directeur du FBI, James Comey, qui de façon exceptionnelle a justifié sa décision, l'a accusée d'avoir été extrêmement négligente dans la gestion de ses courriels. Cependant, les policiers n'ont trouvé aucune preuve qu'il y avait eu une intention criminelle.

Mais trop tard, le mal est fait. Les commentaires du chef du FBI semblent avoir eu un impact sur les électeurs américains et ne feront rien pour relever sa cote de popularité. Déjà, plus du deux tiers des Américains ne lui faisaient pas confiance.

À preuve, Hillary Clinton menait contre Donald Trump par 10 points en avril dernier, et par 6 points au mois de juin. Elle est maintenant à égalité selon le dernier sondage CBS/New York Times diffusé, hier. Une majorité d'Américains croit que Clinton n'aurait pas dû se servir d'une adresse courriel personnelle, et 46 % estiment qu'elle a posé un geste illégal.

De plus, d'autres coups de sonde révèlent que Donald Trump mène dans les états-clés de la Floride et de la Pennsylvanie. Le démocrate et le républicain seraient aussi au coude-à-coude dans l'important État de l'Ohio. Notons qu'aucun républicain n'est devenu président sans avoir remporté cet état industriel du Nord.

Point de vue canadien

Les critiques du directeur du FBI étaient-elles nécessaires et justifiées au beau milieu d'une campagne présidentielle? Aux États-Unis, personne ne semble s'en formaliser. Par contre, au Canada, les chefs de police s'abstiennent de toute intervention politique. Même les procureurs refusent de commenter leur décision publiquement - à plus forte raison, lorsqu'il n'y a pas d'accusation.

Quand a-t-on vu un directeur de la Sûreté du Québec ou de la Gendarmerie royale critiquer le comportement d'un politicien, surtout en pleine campagne électorale? Mais aux États-Unis, même les juges de la Cour suprême peuvent s'en prendre aux candidats présidentiels comme l'a fait la juge Ruth Bader Ginburg à l'endroit de Donald Trump cette semaine. Dans son cas, elle a d'ailleurs dû présenter des excuses.

Reste à savoir maintenant si cette affaire de courriels collera encore longtemps à la peau de la candidate démocrate.

En attendant, Hillary Clinton peut se consoler en se disant que 62 % des Américains croient que le candidat républicain n'est pas honnête non plus. Les électeurs auront donc le choix entre deux candidats mal aimés en qui ils n'ont pas confiance.