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14/07/2016 01:47 EDT | Actualisé 15/07/2017 01:12 EDT

Japon: le Palais impérial nie que l'empereur veuille abdiquer

L'empereur du Japon n'a pas l'intention d'abdiquer, a affirmé mercredi le Palais impérial démentant les informations de certains médias selon lesquelles Akihito avait exprimé ce souhait, fait rarissime dans la longue histoire du Trône du chrysanthème.

La grande chaîne de télévision publique NHK avait créé la surprise mercredi soir en rapportant que le souverain, âgé de 82 ans, avait confié à des proches qu'il voulait laisser dans quelques années la place au prince héritier Naruhito et que ce dernier soutenait son père dans cette démarche. L'agence de presse Kyodo avait donné des informations similaires, tout comme les grands médias japonais.

Une information aussi explosive n'aurait pu être diffusée par la NHK et Kyodo sans une très bonne source, estiment des observateurs.

"Ce n'est absolument pas vrai", a toutefois répondu tard dans la soirée de mercredi à des journalistes un haut responsable de la maison impériale, Shinichiro Yamamoto.

En vertu de l'actuelle loi sur la maison impériale, qui régit le statut juridique de l'empereur, il n'est pas prévu de mécanisme légal d'abdication. Une révision de ce texte serait donc nécessaire pour satisfaire sa volonté, ce qui expliquerait le délai de quelques années invoqué par la presse. Le Japon n'a pas connu d'abdication ces 200 dernières années, depuis 1817 précisément.

La famille impériale jouit d'un profond respect de la part de la majorité des Japonais. Polémiquer à son sujet est souvent gênant voire tabou.

Le Premier ministre Shinzo Abe a lui-même refusé jeudi de s'exprimer, invoquant le caractère sensible de cette question, tout comme le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga. Le quotidien à grand tirage Yomiuri Shimbun a lui cependant rapporté jeudi que le gouvernement avait envisagé en secret cette possibilité.

Akihito, qui en est à sa 28e année de règne, a souffert de nombreux problèmes de santé, dont un cancer de la prostate et une opération du coeur.

Dans la Constitution imposée par les Etats-Unis en 1947 après la reddition du Japon à la fin de la Seconde guerre mondiale, le rôle d'Akihito est strictement limité à celui de "symbole de l'État et de l'unité du peuple japonais", afin de prévenir tout retour au militarisme.

En août dernier, il avait exprimé de "profonds remords" pour la Seconde guerre mondiale, lors du 70e anniversaire de la fin du conflit.

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