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14/07/2016 16:05 EDT | Actualisé 15/07/2017 01:12 EDT

France: au moins 70 morts dans un attentat le jour de la Fête nationale

Plus de 70 personnes ont été tuées dans un attentat à Nice, dans le sud-est de la France, lorsqu'un camion a foncé sur la foule qui assistait à un feu d'artifice pour la Fête nationale.

Huit mois après les attentats de novembre à Paris, qui avaient fait 130 morts, la France a replongé dans l'horreur avec des scènes effroyables sur la Promenade des Anglais, haut lieu touristique près de la Méditerranée.

"La piste terroriste est privilégiée", a déclaré à l'AFP une source proche de l'enquête.

Alors que le feu d'artifice touchait à sa fin, un camion blanc a foncé à pleine vitesse dans la foule, qui rassemblait des milliers de personnes dont de nombreux étrangers, et roulé sur près de deux kilomètres, selon la justice française.

Le conducteur a été abattu par la police, selon le ministère de l'intérieur.

"C'était le chaos absolu", "des gens hurlaient", a décrit un journaliste de l'AFP présent sur les lieux.

"Nous avons vu des gens touchés et des débris voler partout", a-t-il encore raconté, ajoutant qu'il avait très vite compris, "qu'un camion de cette taille avec une trajectoire en ligne droite" ne pouvait être qu'un "acte totalement délibéré".

Une heure après les faits, la préfecture des Alpes-Maritimes a évoqué un attentat et la section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête.

Les autorités ont appelé la population à rester chez elle. "Des investigations sont menées à l'heure actuelle pour savoir si l'individu a agi seul ou s'il a bénéficié de complices qui auraient pris la fuite, raison pour laquelle il est préférable que les gens restent chez eux", a expliqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur Pierre-Henri Brandet.

Un important dispositif de sécurité a été délimité dans le centre de Nice, où de nombreuses ambulances, des membres des forces de l'ordre et des militaires se sont déployés.

Des corps jonchaient le sol, souvent recouverts d'un simple draps. Des personnes en larmes restaient parfois hébétées à leur côté sur une chaussée couverte de sang.

- Cellule de crise -

En déplacement à Avignon (sud) dans la soirée, le président François Hollande est rentré à Paris et rendu directement à la cellule de crise activée au ministère de l'Intérieur.

Une cellule d'aide aux victimes a été ouverte au ministère des Affaires étrangères avec un numéro d'urgence pour les proches (+33.1.43.17.56.46).

Le président Barack Obama a été informée de la situation et suit son évolution, selon un porte-parole de l'exécutif américain. De même la nouvelle Première ministre britannique Theresa May a été informée du "terrible incident" à Nice, selon Downing Street.

Frappée deux fois l'an dernier par des attentats jihadistes sans précédent (17 morts les 7, 8 et 9 janvier et 130 morts le 13 novembre), la France vivait depuis dans la crainte de nouvelles attaques en dépit d'un dispositif sécuritaire drastiquement renforcé.

Le groupe Etat islamique (EI), qui perd du terrain en Irak et en Syrie où il a proclamé un califat en 2014, a menacé régulièrement la France de représailles pour sa participation à la coalition militaire internationale dans ces deux pays.

Depuis plus d'un an, plusieurs projets d'attentat ont été déjoués mais de nouvelles attaques étaient notamment craintes à l'occasion de l'Euro de football, qui s'est terminé dimanche sans incident.

La nouvelle attaque survient à deux semaines de la fin de l'état d'urgence, un régime d'exception permettant notamment des assignations à résidence, entré en vigueur dans la foulée des attentats de novembre 2015.

- Panique -

A Nice, tous les spectateurs n'ont pas immédiatement compris ce qui se passait. "Il régnait une grande confusion. Je ne me souviens pas d'avoir vu le camion avancer", a témoigné sur l'Australian Broadcasting Corporation Emily Watkins, une Australienne présente à quelques dizaines de mètres du camion au moment de l'attaque.

"On entendait beaucoup de cris venant de l'endroit où était le camion, les gens couraient vers nous et sans vraiment savoir ce qu'il se passait, on s'est retournés et on s'est mis à courir aussi", a-t-elle poursuivi.

"En courant, on a entendu ce que j'ai pris à ce moment-là pour des feux d'artifice ou des pétards", a-t-elle aussi ajouté: "Les gens trébuchaient, essayaient de rentrer dans le hôtels, les restaurants, les parkings, partout où ils pouvaient éviter d'être dans la rue".

Quelques heures après l'attaque, le semi-remorque blanc était immobilisé, les pneus crevés, la porte passager criblée d'impacts de balles, a constaté un correspondant de l'AFP.

De multiples rumeurs, notamment sur des prises d'otages, couraient les rues de la ville, malgré le démenti officiel. Et des mouvements de panique se sont répétés.

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