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14/07/2016 09:44 EDT | Actualisé 15/07/2017 01:12 EDT

Forages sur Anticosti : les Innus veulent qu'Ottawa bloque le projet

Le chef de la communauté innue de Mingan, Jean-Charles Piétacho, réclame l'intervention d'Ottawa pour bloquer les travaux d'exploration des hydrocarbures sur l'île d'Anticosti. Il a interpellé à ce sujet la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, en marge de l'assemblée générale annuelle de l'Assemblée des Premières Nations, jeudi matin, à Niagara Falls.

Un texte de Charles Alexandre Tisseyre

Le chef innu s'inquiète notamment des impacts des travaux sur la population de saumon de l'île. Il souhaite une action du gouvernement fédéral pour protéger cette espèce, comme Ottawa l'a fait pour la rainette faux-grillon, à La Prairie. 

Le gouvernement avait alors adopté un décret d'urgence pour protéger cette espèce de grenouille en péril.

Et le saumon?

Depuis décembre 2011, Ottawa étudie la possibilité d'ajouter la population de saumon de l'île d'Anticosti à la liste des espèces en péril, confirme Pêches et Océans Canada.

La porte-parole du ministère, Sylvi Racine, indique que si cette population était inscrite en vertu de la Loi sur les espèces en péril, son « habitat nécessaire à la survie » serait protégé.

Elle ajoute que « la loi prévoit différents mécanismes de protection d'urgence qui peuvent être invoqués si le ministre estime qu'une espèce, qu'elle soit inscrite ou non, est exposée à des menaces imminentes pour sa survie ou son rétablissement ».

Il s'agit d'une intervention que réclame la communauté innue de Mingan, situé en face de l'Île d'Anticosti.

Actuellement, Pêches et Océans Canada souligne que le promoteur doit respecter la Loi sur les pêches et qu'il doit « soumettre son projet [au ministère] pour une demande d'examen réglementaire s'il juge qu'il ne peut pas éviter des dommages sérieux aux poissons ».

Inquiétudes

La semaine dernière, la Fédération québécoise pour le saumon atlantique a elle aussi exprimé son opposition aux travaux de forages avec fracturation hydraulique que compte mener la société en commandite Hydrocarbures Anticosti.

L'opérateur des travaux, Pétrolia, veut puiser jusqu'à 30 millions de litres d'eau douce de trois rivières de l'île, dont deux rivières à saumon. La fédération soutient que le prélèvement d'eau douce dans les rivières constituerait une menace pour les rares populations de saumon.

Elle croit également qu'il n'est pas possible de préserver le fragile habitat du saumon dans un projet comme celui d'Hydrocarbures Anticosti.

Pétrolia veut être rassurante

Pour sa part, Pétrolia assure que tout sera mis en œuvre pour limiter l'impact sur la faune lors de la captation d'eau.

Par exemple, les travaux seront réalisés en tenant compte de la période de montaison de saumon. L'entreprise compte aussi capter de l'eau provenant des pluies à l'automne et lors de la fonte des neiges à la crue printanière.

Le ministère de l'Environnement du Québec a autorisé les trois forages avec fracturation hydraulique sur l'Île d'Anticosti en juin.