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14/07/2016 11:58 EDT | Actualisé 14/07/2016 11:59 EDT

Des Haïtiennes ayant eu des enfants avec des Casques bleus poursuivront l'ONU

Reuters

PORT SALUT, Haïti - Des Haïtiennes ayant eu des enfants avec des Casques bleus ont décidé de poursuivre les Nations unies et leurs anciens amants afin d'obtenir une pension alimentaire.

Mario Joseph, un avocat haïtien spécialisé en droits de la personne, a annoncé, jeudi, qu'il intenterait une poursuite civile à Haïti au courant du mois de juillet.

La firme de Me Joseph est également impliquée dans un recours présenté au nom de 5000 victimes du choléra qui reprochent à l'ONU d'être responsable de la propagation de la maladie dans le pays. Une cour d'appel fédérale américaine à New York étudie actuellement si cette poursuite peut être autorisée ou si les Nations unies ont droit à l'immunité.

Les forces onusiennes de maintien de la paix ont été dépêchées à Haïti en 2004 afin de maintenir l'ordre à la suite de la chute du président Jean-Bertrand Aristide.

Depuis, certains soldats ont été accusés de viol et d'autres abus, d'avoir eu recours à une force excessive et d'avoir répandu le choléra en sol haïtien par inadvertance en raison d'un manque d'hygiène dans une base utilisée par des Casques bleus népalais.

Des accusations d'exploitation sexuelle ont également été formulées contre les troupes de l'ONU ailleurs dans le monde, dont récemment en République centrafricaine. Les soldats onusiens ont depuis toujours laissé des enfants illégitimes derrière eux après leur déploiement, un phénomène qui touche toutes les armées et remonte à des temps immémoriaux.

Rosa Mina Joseph, l'une des plaignantes, a donné naissance à un garçon en 2011 après avoir entretenu une relation avec un Casque bleu de l'Uruguay, qui est retourné chez lui au bout d'un an en abandonnant sa maîtresse de 17 ans avec un poupon sur les bras.

La jeune femme, aujourd'hui âgée de 22 ans, a raconté avoir reçu 300 $ de l'ONU il y a deux ans lorsque la paternité du soldat uruguayen a été établie. Elle a ajouté que le père de l'enfant lui avait également envoyé 100 $.

Même si Rosa était mineure au moment des faits, déposer des accusations criminelles contre le Casque bleu représenterait un défi sur le plan légal puisque les soldats des Nations unies ne peuvent être traduits en justice dans les pays où ils ont été dépêchés en vertu d'ententes internationales.

Gandhi Shukry, le responsable du service de la conduite et de la discipline de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), a reconnu que l'ONU avait reçu 29 demandes de recherche de paternité provenant d'Haïti, mais a assuré que ce type de requête n'était pas en hausse dans le pays des Antilles.

Il a souligné que toute relation sexuelle entre les Casques bleus et la population locale étaient strictement interdite.