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14/07/2016 06:38 EDT | Actualisé 14/07/2016 06:38 EDT

Le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson est tout sauf diplomate

Il n'a pas l'habitude de ménager les insultes, que ce soit contre le président des États-Unis ou la population de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mais désormais, Boris Johnson, qui n'est pas reconnu pour ses qualités diplomatiques, voit revivre sa carrière politique à titre de chef de la diplomatie britannique.

Les réactions à sa désignation surprise comme ministre des Affaires étrangères par la nouvelle première ministre Theresa May ont été promptes et tranchées: son homologue français l'a traité de menteur, les Allemands l'ont qualifié d'irresponsable et un parlementaire britannique a estimé qu'il s'agissait de la pire nomination politique depuis que l'empereur romain Caligula a désigné son cheval comme sénateur.

Et ce sont des alliés du Royaume-Uni qui se sont exprimés ainsi.

Mme May a accédé aux plus hautes fonctions avec la réputation d'agir de manière réfléchie et prudente, mais avec ce choix d'un électron libre comme représentant du Royaume-Uni sur la scène mondiale, elle semble avoir laissé de côté sa prudence caractéristique.

Plutôt que de choisir un joueur d'équipe, Mme May a désigné un politicien qui se targue d'être différent.

Si différent qu'il a insulté le président Barack Obama en se moquant de ses ancêtres. Si borné qu'il a écrit un texte humoristique extrêmement vulgaire concernant le président turc Recep Tayyip Erdogan, utilisant des termes sexuels dégradants pour se moquer du dirigeant d'un pays majoritairement musulman.

"Vous savez bien quel est son style, sa méthode, a réagi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Dans la campagne (pour le Brexit), il a beaucoup menti aux Britanniques. Maintenant, c'est lui qui est au pied du mur pour défendre son pays, mais au pied du mur aussi pour que cette relation avec l'Europe soit claire."

M. Ayrault a dit avoir besoin d'un partenaire "clair, crédible et fiable" pour les négociations à venir sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne en respect de la volonté exprimée par référendum.

D'autres ont adopté un point de vue plus conciliant, avec le souhait que M. Johnson, à titre de ministre des Affaires étrangères, soit plus tempéré que dans ses rôles précédents de journaliste, de parlementaire et de maire de Londres.

Le président russe Vladimir Poutine a semblé enclin à oublier le passé de l'homme de 52 ans même si M. Johnson l'avait décrit comme un "tyran impitoyable et manipulateur" et avait laissé entendre qu'il ressemblait à un personnage de "Harry Potter", l'elfe Dobby.

"Le fardeau de ses présentes fonctions le mènera certainement à utiliser un discours quelque peu différent, d'une nature plus diplomatique", a dit jeudi le porte-parole de M. Poutine, Dmitri Peskov.