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14/07/2016 03:44 EDT | Actualisé 15/07/2017 01:12 EDT

Birmanie: le gouvernement met en garde un mouvement de moines extrémistes

Le ministre birman des Affaires religieuses a mis en garde jeudi Ma Ba Tha, groupe de moines bouddhistes extrémistes, premier reproche officiel jamais adressé à ce mouvement accusé d'attiser la haine antimusulmane dans le pays.

Wirathu, la figure de proue du mouvement, avait qualifié la veille Aung San Suu Kyi de "dictatrice" et reproché au gouvernement qu'elle dirige de servir du clergé bouddhiste pour les détruire.

Jeudi, Aung Ko, le nouveau ministre des Affaires religieuses a mis en garde contre "les gens qui propagent des discours de haine".

Le futur de Ma Ba Tha "pourrait être incertain s'ils propagent un discours de haine pour créer des conflits entre les religions", a-t-il dit, en ajoutant que "le gouvernement tentait de créer de la stabilité".

C'est la première fois qu'un ministre du nouveau gouvernement, mis en place en avril sous la houlette de la lauréate du Prix Nobel de la paix, émet une critique contre le groupe.

Dans le même temps, la Sangha, la haute assemblée bouddhiste a, pour la première fois, officiellement pris ses distances avec le groupe sans toutefois demander sa dissolution.

Depuis l'ouverture du pays en 2011, le mouvement fondamentaliste qui se voit comme une vigie contre la menace d'une islamisation de la Birmanie, pays qui compte moins de 5% de musulmans, est de plus en plus présent.

Arrivée au pouvoir après des élections historiques en novembre, Aung San Suu Kyi a jusqu'ici déçu les groupes de défense des droits de l'Homme sur cette question de l'intolérance religieuse grandissante.

Les violences contre la communauté musulmane sont récurrentes en Birmanie: ces dernières semaines, deux mosquées ont été saccagées dans le centre et le nord du pays par des foules qui ont forcé les habitants musulmans à fuir leurs villages.

En 2012, des affrontements avaient fait plus de 200 morts en quelques semaines, en grande majorité des musulmans. Depuis des milliers d'entre eux vivent dans des camps de déplacés dans l'ouest du pays.

hla-tib/rap