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14/07/2016 03:31 EDT | Actualisé 15/07/2017 01:12 EDT

Béchir, recherché par la CPI, "bienvenu" au sommet de l'UA à Kigali (MAE)

Le président soudanais Omar el-Béchir, recherché pour génocide par la Cour pénale internationale (CPI), est le "bienvenu" au Rwanda, où l'Union africaine l'a invité à participer à son 27e sommet à partir de dimanche, a annoncé jeudi la ministre rwandaise des Affaires étrangères.

Le Rwanda n'a pas ratifié le statut de Rome, traité fondateur de la CPI, et n'a donc "aucune obligation", ni "aucun droit" d'arrêter M. Béchir, a affirmé Louise Mushikiwabo lors d'un point presse à Kigali en marge des réunions préparatoires au sommet.

Elle a qualifié de "distraction" la demande adressée, il y a "deux jours" à son gouvernement par la CPI, lui demandant de l'aider à arrêter M. Béchir.

"Le Rwanda est l'hôte des dirigeants africains invités par l'Union africaine", a déclaré la ministre. "Sans équivoque, quiconque invité par l'Union africaine et qui sera là à Kigali, sera bienvenu et sera sous la protection de ce pays".

Deux mandats d'arrêts ont été lancés par la CPI contre le président soudanais en 2009, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité et en 2010 pour génocide, les deux en lien avec le Darfour, région de l'ouest en proie aux violences depuis 2003. Plus de 300.000 personnes sont mortes dans ce conflit selon l'ONU.

Il continue toutefois de voyager dans de nombreux pays, dont certains sont signataires du Statut de Rome. En juin 2015, le gouvernement sud-africain n'avait pas arrêté M. Béchir alors qu'il participait dans ce pays à un sommet de l'UA, provoquant une vive polémique.

Selon Mme Mushikiwabo, la question d'un éventuel retrait des pays africains membres de la CPI est au menu des discussions du sommet de l'UA. L'organisation accuse la Cour de viser injustement ses dirigeants car l'écrasante majorité de ses enquêtes concernent des pays africains.

"Beaucoup de pays pensent que cela (la CPI, ndlr) devient très politisé", a détaillé la ministre.

Mardi, la CPI avait jugé que l'Ouganda et Djibouti, tout deux membres de la CPI, avaient manqué à leur obligation d'arrêter Omar el-Béchir alors qu'il était présent sur leur territoire, et avait donc décidé d'en référer à l'ONU pour "défaut d'exécution".

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