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Vietnam: Amnesty International dénonce les cas de torture sur des prisonniers d'opinion

Amnesty International a dénoncé mardi la torture pratiquée sur les prisonniers d'opinion au Vietnam, enfermés en raison de leurs convictions politiques, religieuses ou de leur appartenance ethnique, et a demandé au gouvernement une enquête "dans les meilleurs délais".

Détention au secret, disparition forcée, sévices corporels, refus de soins médicaux et transferts "punitifs" sont quelques-uns des cas recensés dans un rapport publié par l'ONG, à partir d'une série d'entretiens menés auprès de dix-huit anciens prisonniers d'opinion, libérés ces cinq dernières années.

Ces sept femmes et onze hommes témoignent de "brutalités" de la part de policiers, de membres du personnel pénitentiaire ou de codétenus, surnommés "antennes" et agissant "à la demande ou avec l'aval des surveillants".

Le rapport reprend dans son intitulé l'expression "des prisons à l'intérieur des prisons", revenue "à de nombreuses reprises dans les témoignages" recueillis "pour décrire un système d'isolement physique et psychique" destiné à "casser" les prisonniers d'opinion.

La pression exercée sur les détenus est "particulièrement intense" avant le procès pour "extorquer des +aveux+ aux suspects", note l'ONG, mais "les abus durent fréquemment pendant toute la période d'incarcération, jusqu'à la libération du détenu".

Est cité par exemple le cas d'un homme "régulièrement passé à tabac, jusqu'à ce qu'il perde connaissance", et "soumis à des traitements dégradants", ses tortionnaires "l'obligeant par exemple à manger les restes de la pâtée d'un chien".

Le Vietnam a signé en novembre 2013 et ratifié en février 2015 la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Si cette ratification est une "bonne nouvelle", salue l'ONG, "le Vietnam a déjà laissé passer plusieurs occasions cruciales de se donner les moyens de mieux s'acquitter des obligations qui sont les siennes aux termes de ce traité".

Amnesty International demande au gouvernement "de mettre fin aux arrestations et aux poursuites d'hommes et de femmes uniquement en raison de leurs convictions et de leur militantisme pacifique" et d'"enquêter dans les meilleurs délais et de manière impartiale, indépendante et effective" sur les cas de torture et de mauvais traitements signalés.

L'ONG réclame aussi aux autorités de "modifier la législation nationale pour mettre celle-ci en conformité avec la Convention contre la torture et les normes internationales relatives au traitement des prisonniers".

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