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France: "En marche!" ou en campagne, jusqu'où ira Macron l'iconoclaste?

Il se revendique "ni de droite, ni de gauche", briseur de tabous aux idées sur tout, et suscite une tension croissante au sommet du pouvoir: l'iconoclaste ministre français de l'Economie Emmanuel Macron va-t-il entrer dans la course à la présidentielle de 2017?

"Il est temps que tout cela s'arrête", a averti mardi le Premier ministre Manuel Vall, vivement agacé, avant un meeting de M. Macron en soirée à Paris avec les militants de son mouvement "En Marche!" créé en avril.

Le jeune ministre âgé de 38 ans ne prévoit "pas d'annonce personnelle" à cette occasion, assure son entourage.

Mais la tenue de la réunion a relancé les interrogations sur les velléités de cet ex-banquier d'affaires, ancien conseiller de François Hollande propulsé au gouvernement par le président socialiste fin août 2014, de postuler à l'Elysée.

Dans un paysage politique français éclaté, les spéculations sont attisées par les faibles perspectives de réélection de M. Hollande, dont les sondages prédisent l'élimination au premier tour s'il se représente.

Un départ imminent d'Emmanuel Macron du gouvernement semble exclu de son propre chef. Pour le reste, le ministre et ses soutiens entretiennent l'équivoque.

Sur le Tour de France cycliste ce week-end, il a filé une métaphore ambiguë, affirmant concourir pour "le Maillot Jaune" du leader.

Début juillet, il avait vu dans l'organisation de primaires pour la présidentielle, à droite mais aussi à gauche, "la preuve du faible leadership de chaque côté". La pique semble viser François Hollande, pour qui le Parti socialiste a prévu un scrutin interne sur mesure.

"Il ne va pas dire +je pars tout de suite+" mais il "entre en campagne" car "il faut une offre parallèle" si François Hollande ne règle pas "son problème par rapport aux Français", dit l'un de ses proches, le maire de Lyon (centre-est) Gérard Collomb.

Allure de gendre idéal, ovni en politique, le ministre de l'Economie a peaufiné en moins de deux ans au gouvernement une image de trublion.

Son profil libéral, son passage par la banque Rothschild, et ses critiques du statut des fonctionnaires, de la semaine de travail de 35 heures ou de l'impôt sur la fortune, ont fait de lui une bête noire d'une partie de la gauche.

Il s'est aussi distancié à plusieurs reprises de l'exécutif, notamment après les attentats de Paris en critiquant le projet d'inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité des condamnés pour terrorisme.

François Hollande l'a recadré en avril: "Il est sous mon autorité (...) Il sait ce qu'il me doit". Dans la foulée, Emmanuel Macron l'a assuré de sa "loyauté personnelle", tout en récusant qu'un ministre doive être "l'obligé" du président.

Au gouvernement, ses embardées sur le terrain de ses collègues exaspèrent. "Il fait tout à la fois ce surhomme", a récemment tweeté, cinglant, le secrétaire du Budget Christian Eckert après une énième querelle de plate-bandes.

"Sur les sujets compliqués, il faut travailler beaucoup et parler peu", a brocardé en mars le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, agacé de ses déclarations menaçant de ne plus retenir les migrants qui cherchent à passer de France en Grande-Bretagne en cas de Brexit.

Manuel Valls, inquiet de le voir lui disputer le rôle de porte-étendard de la gauche sociale-libérale, ne rate pas une occasion d'ironiser sur ses faux pas. "Il se rend compte que la vie politique est difficile (...) Il apprend tous les jours".

Si les sondages font d'Emmanuel Macron la personnalité préférée des Français pour représenter la gauche en 2017, son étoile a semblé pâlir récemment, avec une cote de popularité en dents de scie.

Pour les politologues, son émergence reflète une soif de renouvellement du personnel politique mais il lui manque le soutien d'un parti fort à sa main. Avant lui, d'autres favoris de l'opinion ont renoncé à postuler à l'Elysée devant cet obstacle, comme l'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors en 1995.

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