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Dérapage budgétaire : Madrid propose une hausse d'impôt pour éviter la sanction de l'UE

Le ministre de l'Economie espagnol, Luis de Guindos, a annoncé mardi que Madrid souhaitait une hausse de l'impôt sur les sociétés afin de réduire dès 2017 son déficit en-dessous de 3% du PIB et éviter une sanction de l'UE pour dérapage budgétaire.

"Nous allons proposer une mesure sur l'impôt sur les sociétés, (...) une mesure puissante", qui rapportera 6 milliards d'euros, a déclaré M. de Guindos lors d'une conférence de presse à Bruxelles, retransmise à la télévision espagnole, en présentant ses arguments-phare pour éviter une amende de la Commission européenne.

Réunis dans le cadre d'un conseil des grands argentiers de l'UE à Bruxelles, les ministres des Finances de la zone euro avaient auparavant constaté que l'Espagne et le Portugal "n'ont pas pris les mesures nécessaires" pour corriger leurs déficits, ce qui déclenche un processus de sanctions.

L'Espagne dispose de dix jours pour présenter ses arguments et tenter d'éviter une amende, qui peut atteindre 0,2% de son PIB, deux milliards d'euros.

Le ministre a indiqué que Madrid transmettrait dès mercredi ses arguments, et insistera sur l'assainissement de son économie et les réformes et économies déjà réalisées.

Le déficit public de l'Espagne a atteint 5% du PIB en 2015 mais il était de 9,07% en 2011. La croissance a repris et devrait dépasser encore les 3% en 2016 selon le ministre, qui a aussi évoqué des réformes en matière de droit du travail.

"C'est un tournant sans précédent", a-t-il souligné, en estimant qu'il justifie que la Commission impose une "sanction nulle".

Mais pour convaincre encore davantage "nous allons faire part d'un engagement clair de l'Espagne pour la réduction de son déficit public en dessous de 3% (du PIB) en 2017", a-t-il ajouté.

La "mesure fondamentale", sera une "modification" de l'impôt sur les sociétés, avec "l'établissement d'un taux minimum à partir d'un seuil qui devra être adopté par le biais d'une loi", a-t-il ajouté.

M. de Guindos, conscient que l'exécutif actuel ne peut proposer une telle mesure car le Parlement doit encore investir un nouveau gouvernement, a souligné qu'une telle mesure devra petre proposée "par un gouvernement en fonctions" à venir.

"Mais nous nous y engageons (...) car elle donne davantage de force à notre promesse, pour un montant de 6 milliards d'euros", a-t-il ajouté.

L'Espagne aborde son septième mois de blocage politique, depuis décembre, après des élections qui ont laissé un parlement fragmenté entre quatre grandes forces politiques et incapable de se trouver un nouveau gouvernement.

mck/mct

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