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10/07/2016 10:06 EDT | Actualisé 11/07/2017 01:12 EDT

Obama en Espagne pour une visite écourtée après la tuerie de Dallas

Barack Obama effectuait dimanche une visite en Espagne, un séjour écourté après la tuerie de policiers de Dallas, où le président américain se rendra mardi.

Le président américain a été reçu en milieu de journée par le chef du gouvernement conservateur sortant Mariano Rajoy, qui l'a remercié d'avoir maintenu son séjour en Espagne, en dépit des tensions raciales meurtrières aux Etats-Unis.

M. Obama a écourté d'un jour sa visite, pour pouvoir se rendre dès mardi à Dallas, après le drame survenu dans cette ville du Texas, où un ancien militaire noir, voulant venger les violences policières contre les Noirs, a tué jeudi cinq policiers et en a blessé sept.

Cette décision du président américain témoigne de la gravité des tensions qui sont toujours vives sur place. Dans la nuit de samedi à dimanche, des Noirs ont à nouveau pris à partie des policiers et les forces de l'ordre ont procédé à plus de 200 interpellations.

Après son entretien avec M. Rajoy, Barack Obama a longuement renouvelé ses appels au calme, assurant à des journalistes que ce n'était pas "rendre service à la cause" des réformes nécessaires pour lutter contre la violence policière que "d'attaquer des policiers".

"La violence à l'égard des policiers est un crime et doit être punie. Mais de manière plus rhétorique, grossir le trait en n'admettant pas que la plupart des policiers font très bien leur travail.... nous fera perdre des alliés pour les réformes", a-t-il ajouté.

Barack Obama est arrivé aussi dans une Espagne en pleine effervescence politique, qu'il a souhaitée "forte et unie", dans un entretien au quotidien El Pais.

Ce premier et dernier voyage officiel en Espagne de M. Obama intervient alors que le pays est divisé entre quatre forces politiques et incapable de se trouver un nouveau gouvernement depuis plus de 200 jours.

M. Obama a abordé avec M. Rajoy des sujets européens comme le Brexit ou la crise des réfugiés, mais aussi, bien sur, cette situation, a expliqué Mariano Rajoy à la presse.

- Allié militaire -

Le Parti populaire (conservateur) de M. Rajoy a remporté les dernières élections législatives, organisées le 26 juin seulement six mois après le précédent scrutin. Mais il a besoin d'autres formations pour gouverner car il n'a obtenu que 137 sièges sur 350 au Parlement.

"Je ferai tous les efforts nécessaires pour former rapidement un gouvernement", a déclaré M. Rajoy. Une nouvelle répétition des élections "serait une blague, une blague de très mauvais goût", qui porterait atteinte à la "crédibilité" de l'Espagne, a-t-il ajouté. M. Obama de son côté a souhaité un "gouvernement stable et fonctionnel", sans se départir de sa neutralité.

Le président démocrate des Etats-Unis a ensuite rencontré très brièvement les dirigeants de l'opposition, Pedro Sanchez (socialiste), Albert Rivera (libéral) et Pablo Iglesias, le leader du parti de gauche radicale Podemos, dont le slogan s'inspire du "Yes we can" (Oui Nous pouvons) de la campagne Obama.

Celui-ci a offert à Obama un livre sur la Brigade Lincoln, les quelque 3.000 volontaires américains ayant combattu pendant la guerre civile (1936-1939) au côté des républicains, contre les troupes rebelles de Francisco Franco.

Le voyage de M. Obama a surtout pour but de remercier l'Espagne, un "extraordinaire" allié selon lui, pour son engagement en matière de défense auprès des Etats-Unis.

L'Espagne fait partie des pays où les Etats-Unis ont déployé leur bouclier antimissile, et accueille quatre navires militaires américains équipés d'intercepteurs, à Rota, une base navale proche de Cadiz à l'extrême sud de l'Espagne.

C'est là que M. Obama a achevé sa visite, par un discours devant quelque 2.000 soldats américains et espagnols de la base, dont il a loué le "courage".

"Que Dieu bénisse l'Amérique et l'Espagne", a-t-il conclu.

Les Etats-Unis ont également positionné une force de réaction rapide sur la base de Moron de la Frontera près de Séville. De là, les militaires américains peuvent intervenir rapidement en Afrique.

Pendant son séjour à Madrid une centaine de manifestants a bravé la chaleur pour dénoncer près de l'ambassade des Etats-Unis "l'impérialisme" de Washington, les bases de l'OTAN et le traité de libre échange en négociation entre Washington et l'UE (TTIP).

Greenpeace a déployé sur un immeuble du centre une immense banderole jaune avec une image d'Obama où l'on pouvait lire "Yes we can Stop TTIP" (oui nous pouvons arrêter le TTIP).

arb-mck/abk