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10/07/2016 10:41 EDT

Le tireur de Dallas exerçait des tactiques militaires

DALLAS — Le suspect abattu dans la tuerie qui a coûté la vie à cinq policiers de Dallas, jeudi, se livrait à des exercices de style militaire et avait suivi des cours privés d'autodéfense où une tactique de tir en mouvement était enseignée.

L'homme a été identifié comme étant Micah Johnson, un soldat de première classe spécialisé en charpenterie et menuiserie. Il avait servi dans la réserve de l'armée pendant six ans à compter de 2009, et il s'était rendu en Afghanistan de novembre 2013 à juillet 2014.

Avant de mourir, il a confié aux agents qu'il était fâché contre les policiers qui ont abattu deux Afro-Américains plus tôt cette semaine en Louisiane et au Minnesota et qu'il voulait tuer des Blancs, particulièrement des policiers blancs. Il a également précisé avoir agi seul et n'être affilié à aucun groupe, a ajouté le chef de police David Brown.

Le vétéran de 25 ans a été tué par une bombe qu'un robot téléguidé a déposée dans un garage du centre-ville où il s'était barricadé et depuis lequel il avait échangé des coups de feu avec les policiers.

Selon les autorités, il avait amassé un arsenal personnel à son domicile de Mesquite, en banlieue de Dallas, incluant des matériaux pour fabriquer des bombes, des fusils, et des munitions.

Un de ses voisins a signalé aux enquêteurs qu'il l'avait aperçu en train de se livrer à des exercices de style militaire dans sa cour.

Justin J. Everman, le fondateur et instructeur en chef de l'école d'arts martiaux «Academy of Combative Warrior Arts» affirme que Micah Johnson avait fréquenté son établissement, deux ans plus tôt.

Selon le site web de l'école privée, des cours de tactiques spéciales y sont offerts, enseignant des manoeuvres «normalement impossibles dans les clubs de tir statique». L'entraînement permet de pratiquer le tir à partir de différentes positions, d'ouvrir le feu sous pression ou encore en étant dissimulé. M. Everman a refusé de préciser quels cours ont été dispensés à Micah Johnson.

En plus des cinq policiers décédés, sept autres ont été blessés durant la manifestation à Dallas, au Texas, visant à dénoncer la mort de deux Afro-Américains aux mains des forces de l'ordre. Deux civils ont aussi été blessés durant le massacre.

La fusillade a commencé vers 20 h 45, heure locale, jeudi soir, au moment où des centaines de personnes s'étaient rassemblées pour protester contre la mort de Philando Castile, abattu mercredi par un agent alors qu'il se trouvait dans une voiture en compagnie d'une femme et d'un enfant en banlieue de St. Paul, au Minnesota, et celle d'Alton Sterling, tué mardi après avoir été cloué au sol par deux agents. Ces deux événements ont été filmés à l'aide de téléphones mobiles.

Il s'agit de la journée la plus sanglante de l'histoire des corps policiers des États-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Les autorités policières ont initialement mis la fusillade sur le compte de «tireurs embusqués», et ont à un moment déclaré avoir trois suspects en détention. Mais plus tard, toute l'attention s'est tournée vers Micah Johnson et les autorités ont déclaré que l'attaque semblait avoir été entièrement perpétrée par un seul tireur.

Le président des États-Unis Barack Obama a affirmé samedi que le tireur responsable de la mort de cinq policiers à Dallas était un «individu dérangé» qui ne représente en rien la communauté afro-américaine — comme le jeune homme blanc responsable d'avoir tué des Noirs dans une église de Charleston, en Caroline du Sud, ne représentait pas les Blancs.

Le président Obama a fait cette déclaration à Varsovie, en Pologne, où il participait au sommet des leaders des 28 pays composant l'OTAN.

M. Obama a ajouté qu'il se rendrait à Dallas dans les prochains jours pour rendre hommage aux victimes. Il prévoit également convoquer une rencontre à la Maison-Blanche la semaine prochaine réunissant des policiers, les représentants des communautés, ainsi que des militants pour les droits civiques afin de discuter de la marche à suivre.

Les tirs à Dallas ont eu lieu dans une zone d'hôtels, de restaurants, de commerces, d'appartements résidentiels et à seulement quelques pâtés de maisons de Dealey Plaza, où le président John F. Kennedy a été tué en 1963.

Plus tôt samedi, une porte-parole de la police de Dallas, Monica Cordova, avait affirmé que le service avait renforcé ses mesures de sécurité après avoir reçu des menaces anonymes visant les policiers à travers la ville.

Les tensions sont vives à travers les États-Unis, tandis que d'autres services de police ont reçu des menaces. D'autres attaques individuelles sont survenues en Géorgie, au Missouri et au Tennessee, où des civils ont fait feu à l'endroit de policiers. Deux agents ont été blessés, dont un grièvement.

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