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Royaume Uni: le fait d'être mère est il un avantage pour une femme en politique?

LONDON, ENGLAND - JULY 07: British Home Secretary and Conservative leadership contender Theresa May waves outside the Houses of Parliament on July 7, 2016 in London, England. Theresa May has the backing of 199 fellow MPs after the second ballot for the leadership of the Conservative Party. Receiving 84 votes, Andrea Leadsom MP joins May on the shortlist presented to the Conservative Party members and Michael Gove was eliminated with 46 votes. (Photo by Jack Taylor/Getty Images)
LONDON, ENGLAND - JULY 07: British Home Secretary and Conservative leadership contender Theresa May waves outside the Houses of Parliament on July 7, 2016 in London, England. Theresa May has the backing of 199 fellow MPs after the second ballot for the leadership of the Conservative Party. Receiving 84 votes, Andrea Leadsom MP joins May on the shortlist presented to the Conservative Party members and Michael Gove was eliminated with 46 votes. (Photo by Jack Taylor/Getty Images)

Les deux femmes qui briguent la chefferie du Parti conservateur au Royaume-Uni sont confrontées à des questions qui ne surgiraient pas si elles étaient des hommes.

La candidate Andrea Leadsom a dit, dans une entrevue publiée par le "Times of London", samedi, que le fait qu'elle soit mère, contrairement à sa rivale, la secrétaire d'État Theresa May, lui conférait un avantage dans la course.

Ces propos ont entraîné un tourbillon de réactions politiques, lançant un véritable débat autour de la question: être mère fait-il d'une femme une personne mieux qualifiée pour être première ministre?

Theresa May est considérée comme meneuse dans la course, qui ne compte plus que deux candidates.

Le premier ministre David Cameron a démissionné après avoir perdu sa bataille pour que les électeurs du Royaume-Uni choisissent de rester au sein de l'Union européenne (UE). Les Britanniques ont voté à 52 pour cent pour quitter l'UE lors du référendum du 23 juin.

Les joutes politiques internes se sont intensifiées depuis.

"Je ne connais pas très bien Theresa, mais je suis certaine qu'elle serait très attristée de ne pas avoir d'enfant, a confié Andrea Leadsom, présentement ministre de l'Énergie, à la journaliste Rachel Sylvester. Je ne veux pas entrer dans (une logique) du genre "Andrea a des enfants et Theresa n'en a pas" puisque ce serait, à mon avis, terrible. Je sens toutefois réellement que le fait d'être une mère est un enjeu pour l'avenir de notre pays."

"Elle a possiblement des nièces et des neveux, mais dans mon cas, j'ai des enfants qui auront des enfants et qui feront partie de la suite des choses", a ajouté la politicienne de 53 ans.

À la suite de la publication de l'article, titré "Être une mère me donne une avance sur (Theresa) May", Mme Leadsom a immédiatement accusé la journaliste du "Times of London" de l'avoir mal citée. La politicienne a exigé une rétractation du journal.

En guise de réponse aux allégations de l'aspirante chef des conservateurs, l'équipe du journal a diffusé un extrait de l'enregistrement audio de l'entrevue.

"C'est elle qui a amené Theresa May dans la discussion", s'est défendue Mme Sylvester dans une entrevue accordée à la BBC.

La journaliste avait fait remarquer à Andrea Leadsom que celle-ci avait mentionné le fait qu'elle a des enfants durant la campagne référendaire. Elle a alors demandé à la candidate si son statut de mère l'avait aidé à façonner son style politique.

"Je pensais que personne n'allait se préoccuper de cela", a réagi la principale intéressée, la secrétaire d'État Theresa May, dans une entrevue donnée au "Daily Telegraph".

La politicienne de 59 ans a dit qu'elle n'était pas du genre à parler publiquement de sa vie personnelle, mais elle a raconté que son mari et elle avaient dû faire face à des difficultés quand ils avaient tenté d'avoir un enfant.

La secrétaire d'État réclame de sa rivale politique qu'elle s'engage à tenir une "saine" campagne.

La question d'être parent ou non avait déjà été soulevée dans l'histoire politique du Royaume-Uni. Les insultes personnelles sont toutefois rares, selon l'experte en politique britannique Victoria Honeymann, de l'Université de Leeds.

Les propos de Mme Leadsom ont entraîné un flot de critiques au sein même du Parti conservateur.

"Je suis gai et j'ai un conjoint", a dit Alan Duncan, qui appuie pourtant la candidature de la ministre de l'Énergie. "Je n'ai pas d'enfant, mais j'ai 10 nièces et neveux. Ai-je donc ma place dans l'avenir de notre pays?", a ajouté le conservateur.

Pour tenter de calmer le jeu, Mme Leadsom a fait une déclaration devant sa maison. "Dans les nombreuses entrevues que j'ai accordées, j'ai répété que je ne souhaitais pas être questionnée au sujet de mes enfants, a-t-elle dit. J'ai clairement exprimé que je ne voulais pas que ce soit un enjeu de la campagne", a-t-elle ajouté, se disant dégoûtée par la façon dont les choses ont été présentées.

"Que ce soit clair, tout le monde a une place égale dans notre société et dans le futur de notre pays."

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