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09/07/2016 02:08 EDT | Actualisé 10/07/2017 01:12 EDT

La Chine enjoint le G20 à stimuler le commerce mondial, menacé par le Brexit

La Chine a enjoint samedi à promouvoir plus vigoureusement le commerce international, à l'orée d'une réunion à Shanghai des ministres du G20 hantée par le Brexit et l'essoufflement persistant des échanges.

Réunis samedi et dimanche dans la métropole financière chinoise, les ministres du Commerce et délégations des vingt principales puissances économiques du monde -- représentant au total 80% du commerce planétaire-- se penchaient sur un tableau morose.

"La reprise économique reste fragile, le commerce mondial fluctue à des niveaux très bas", a insisté le ministre chinois du Commerce Gao Hucheng en ouvrant la rencontre.

Toutefois, la Chine -- première puissance marchande du globe -- reste "désireuse de travailler avec toutes les parties avec sagesse, courage et au travers d'actions pragmatiques" pour stimuler les échanges, "une tâche ardue", a-t-il poursuivi.

Après avoir sombré dans le sillage de la crise financière de 2008, les échanges commerciaux planétaires ne se sont jamais durablement rétablis.

"La croissance du commerce mondial devrait rester sous 3% en 2016 pour la cinquième année consécutive (...) Si on excepte l'effondrement juste après la crise financière, on est au plus bas depuis trois décennies", a rappelé le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Roberto Azevedo en marge de ce G20.

La décision des Britanniques de quitter l'Union européenne (UE) et les turbulences qu'elle provoque sur les marchés contribuent à assombrir les perspectives.

L'OMC avait averti début juin que le Brexit se traduirait par quelque 7 milliards d'euros de droits de douanes supplémentaires pour les exportateurs britanniques, le Royaume-Uni étant contraint de renégocier de nouveaux accords commerciaux avec l'UE et 58 pays liés au bloc continental par des accords de libre-échange -- un casse-tête qui pourrait s'éterniser.

A l'heure où les politiques monétaires ultra-accommodantes semblent atteindre leurs limites dans la relance de l'activité, la Chine mise malgré tout sur le commerce pour doper les moteurs de la croissance mondiale.

Ainsi Pékin poussera les autres membres du G20 qui ne l'ont pas encore fait à ratifier d'ici fin 2016 l'accord douanier appelé Accord sur la facilitation des échanges (TFA), a indiqué le vice-ministre du Commerce Wang Shouwen, cité par la presse étatique.

Conclu dans la douleur fin 2013 à Bali, cet accord doit être ratifié par les deux-tiers des membres de l'OMC pour entrer en vigueur. La pleine application du TFA, destiné à réviser les procédures douanières, pourrait gonfler de 1.000 milliards de dollars par an le commerce mondial, avait estimé l'OMC en octobre.

Enfin, pourraient s'inviter dans les entretiens du weekend les nombreux différends commerciaux impliquant la Chine -- accusée notamment de dumping dans le secteur de l'acier --, alors que son éventuelle obtention du statut d'économie de marché à l'OMC suscite de vives réticences.

bur-jug/ehl/rap