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09/07/2016 08:23 EDT | Actualisé 10/07/2017 01:12 EDT

GB: le Labour s'enfonce dans la crise, Jeremy Corbyn contesté lundi

Le Labour britannique s'est enfoncé samedi dans la crise avec l'annonce par la députée travailliste Angela Eagle de son intention de contester l'actuel chef Jeremy Corbyn qui refuse de démissionner malgré une fronde massive des députés depuis le Brexit.

Après la démission du Premier ministre David Cameron, le retrait de Boris Johnson de la course à sa succession et le départ de Nigel Farage de la tête du parti europhobe Ukip, Jeremy Corbyn pourrait ainsi devenir une nouvelle victime collatérale du référendum britannique qui a vu le camp en faveur d'une sortie de l'Union européenne l'emporter.

"Lundi matin, je vais annoncer ma candidature à la direction du parti travailliste", a annoncé la députée âgée de 55 ans, ouvrant la voie à de nouvelles élections pour désigner la tête du parti, auxquelles le député gallois Owen Smith pourrait également se présenter.

Ce dernier a annoncé vouloir rencontrer "le plus vite possible" Jeremy Corbyn pour explorer tous les moyens de "sauver le parti".

Angela Eagle, qui est députée depuis 1992, a été membre des gouvernements de Tony Blair, entre 2001 et 2002, et de Gordon Brown entre 2007 et 2010.

Celle qui incarne la fronde des députés contre la gouvernance de Jeremy Corbyn a assuré que ce dernier, issu de la gauche du parti, "a échoué à honorer son premier et plus important devoir, celui de diriger un parti travailliste parlementaire organisé et efficace".

Depuis que les Britanniques ont voté pour le Brexit, Jeremy Corbyn, qui a fait campagne pour le maintien dans l'UE, doit en effet faire face à une contestation de ses députés qui ont voté par 172 voix contre 40 une motion de défiance, non contraignante, contre lui. Dans le même temps, les deux tiers de son cabinet fantôme, dont Angela Eagle, ont démissionné.

- "Ambivalence en demi-teinte" sur l'UE de Corbyn -

"Sous ta direction, la cause du maintien dans l'UE a été défendue avec une ambivalence en demi-teinte plutôt qu'avec une clarté absolue", a écrit samedi Angela Eagle, dans sa lettre annonçant sa candidature.

"Dans ces temps troublés, nous avons besoin d'un chef qui puisse unir plutôt que diviser le parti travailliste", a-t-elle ajouté, alors que la majorité des parlementaires travaillistes estime que Corbyn n'est pas en mesure de devenir Premier ministre.

Pour autant, Jeremy Corbyn a assuré samedi depuis Durham (nord-est de l'Angleterre), qu'il n'y avait "aucune pression" sur lui.

"La véritable pression, c'est quand vous n'avez pas assez d'argent pour nourrir vos enfants, quand vous n'avez pas de toit sur votre tête", a dit celui qui a déjà assuré qu'il se représenterait en cas de nouvelle élection à la tête du parti.

Soutenu par les syndicats, il refuse de jeter l'éponge, se targuant du soutien des quelque 250.000 militants travaillistes qui l'ont élu il y a neuf mois, avec 59,5% des suffrages.

Lens McCluskey, le secrétaire général de Unite, le plus important syndicat britannique, a affirmé qu'un accord pour résoudre les conflits internes au parti "n'avait jamais été aussi proche" samedi avant que le vice-président du parti, Tom Watson, ne quitte la table des négociations en fin de matinée.

Il a qualifié cette attitude "d'acte de sabotage", l'échec des négociations ayant poussé Angela Eagle à sortir du bois.

Alors que la guerre au Labour atteignait son paroxysme, le Premier ministre David Cameron a potentiellement mis de l'huile sur le feu en annonçant depuis Varsovie que le parlement britannique allait voter le 18 juillet sur le renouvellement des quatre sous-marins nucléaires Trident, un autre sujet de discorde au sein du parti travailliste.

Jeremy Corbyn veut abolir le programme tandis qu'Angela Eagle et nombre de députés travaillistes sont favorables à son renouvellement.

Alors que le pays, déchiré, attend de savoir qui de Theresa May ou de Andrea Leadsom deviendra la nouvelle Premier ministre le 9 septembre, le camp du maintien dans l'UE n'avait plus le coeur à la fête.

Un pique-nique pro-UE où plusieurs milliers de personnes étaient attendues n'a finalement rassemblé samedi que 200 amoureux de l'Europe. Et le gouvernement a exclu samedi tout nouveau référendum, assurant aux plus de quatre millions de signataires d'une pétition en faveur de cette option, qu'il fallait désormais "préparer le processus de sortie de l'UE".

mc/ih