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09/07/2016 07:44 EDT | Actualisé 10/07/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Portugal: la Selecçao, riche de ses Français

Raphaël Guerreiro, Adrien Silva, Anthony Lopes: ils ont été formés en France ou ont les deux nationalités mais disputeront la finale de l'Euro contre les Bleus sous le maillot du Portugal, dimanche au Stade de France. Qui sont les "Français" de la Selecçao?

. Guerreiro dans la cour des grands

Titulaire indiscutable sur le côté gauche de la défense portugaise, redoutable tireur de coup-francs, le timide Raphaël Guerreiro (11 sélections, 2 buts) est à un moment charnière de sa carrière. A 22 ans, le natif du Blanc-Mesnil vient d'être transféré de Lorient, où il évoluait depuis 2013, au Borussia Dortmund.

C'est la première expérience à l'étranger de ce Franco-portugais, formé par l'INF Clairefontaine, la pépinière de talents de la Fédération française, avant d'être repéré par Caen. Réfléchi, il a longtemps mûri son projet d'opter pour la Selecçao plutôt que pour la France. "J'ai choisi le Portugal, ç'a toujours été ma décision", a-t-il expliqué.

"Je suis né en France, c'est vrai que porter les couleurs du Portugal en France pendant l'Euro, c'est quelque chose d'énorme pour moi. Pour ma famille et mes proches aussi, je pense qu'ils sont fiers de moi", a-t-il confié au cours de la compétition.

Seul bémol pour le petit gaucher, qui s'entend bien avec Cristiano Ronaldo: il ne maîtrise pas totalement la langue de ses coéquipiers, la faute à sa jeunesse passée en France.

. Adrien Silva, voisin de Valbuena

Né lui aussi d'un père portugais et d'une mère française, Adrien Silva est pratiquement inconnu en France. S'il a fait ses débuts chez les Girondins de Bordeaux, le natif d'Angoulême a ensuite déménagé au Portugal à 12 ans, en raison d'une évolution de la situation professionnelle de son père.

Le milieu de terrain de 27 ans, qui compte 12 sélections avant la finale et a été titulaire lors des trois derniers matches, est un voisin d'enfance d'un autre international, français celui-là et qui a manqué l'Euro: Mathieu Valbuena.

Malgré une adaptation difficile au Portugal, notamment en raison de la barrière de la langue, Silva est repéré par le Sporting Portugal, où il évolue toujours à l'heure actuelle.

Au quotidien Le Parisien en septembre 2015, à la veille d'un match amical entre les deux finalistes de l'Euro, ce passionné de mode avait confié se sentir "plus portugais", même si "la France a une grande place dans (son) coeur".

Il expliquait aussi qu'après avoir entonné l'hymne portugais avant le coup d'envoi d'un match contre la France, il chantait "la Marseillaise" dans sa tête.

. Anthony Lopes, l'avenir dans le but

Lui n'a pas disputé une minute de jeu de l'Euro-2016, mais le gardien de but de 25 ans, qui compte 4 sélections avec la Selecçao, représente l'avenir du Portugal à son poste.

Numéro 1 depuis trois saisons en club, à Lyon, il multiplie les arrêts de classe au point de compter parmi les tous meilleurs gardiens du championnat de France.

Gaucher natif de Givors, à 20 km de Lyon, il fait partie de la génération des Alexandre Lacazette, Nabil Fékir ou Corentin Tolisso, purs produits de la formation lyonnaise. C'est en 2014, à l'arrivée du sélectionneur Fernando Santos qu'il est devenu la doublure du gardien du Sporting, Rui Patricio, en équipe nationale.

Un rang de N.2 qui lui a garanti une place à l'Euro, alors qu'il avait été recalé pour le Mondial-2014 - aucun des trois Franco-portugais n'étaient de cette campagne désastreuse avec une élimination au premier tour.

Pourquoi le Portugal? Interrogé par le quotidien L'Equipe, il a expliqué qu'il s'agissait d'un "choix du coeur". "Depuis tout petit, je supporte le Portugal on passait toujours les deux mois de vacances là-bas, à voir la famille."

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